Feuilleton de l'été
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PROMOTION SENGHOR DE L'ENA: Nicolas Namias, la stratégie de l’énergie chez Natixis
Quelle énergie ! Quand Nicolas Namias, directeur de la stratégie chez Natixis et membre du comité exécutif, se décrit comme un homme d’action, vous le croyez aisément. Habité dans les mots et dans les gestes par ce qu’il vous raconte, celui qui estime que son rôle aujourd’hui est d’être un « moteur », a rejoint le groupe BPCE au moment des fusions des banques populaires et des caisses d’épargne. Mais, l’homme est aussi passé par le public, puisqu’il a œuvré au Trésor ou encore au sein du cabinet de Jean-Marc Ayrault, à l’époque Premier ministre. Le fil conducteur de la carrière de notre interlocuteur ? Le financement de l’économie réelle, selon ses propres termes.
Le double attrait de Nicolas Namias pour le public et le privé s’est incarné dès ses études, puisque le fils du journaliste Robert Namias est passé par les bancs de Sciences Po, de l’Essec et de l’ENA. C’est d’ailleurs dans cette dernière école qu’il a rencontré l’une de ses camarades actuelles chez BPCE, Marguerite Bérard Andrieu, membre du directoire du groupe. L’année de sa sortie, Nicolas Namias intègre le Trésor, où il sera sherpa. C’est-à-dire en charge de la préparation des sommets des G8 et G20. « La diplomatie financière est passionnante, par l’ampleur et la complexité des enjeux traités ; mais lorsqu’on aime la réforme et l’action, le temps de ces discussions parait souvent trop long », indique le dirigeant.
En 2006, toujours au Trésor, il rejoint le bureau épargne et marchés financiers. Nicolas Namias planchera alors sur des réformes importantes comme celle du droit des sanctions de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) dans le cadre de la directive européenne abus de marché. Outre les volets financiers dont il s’est délecté pendant ces quatre ans à Bercy, Nicolas Namias a également fait de belles rencontres, comme celle de Jean-Pierre Jouyet, ex-secrétaire général de l’Elysée, ou encore d’Odile Renaud-Basso, aujourd’hui directrice du Trésor.
C’est fort de ces expériences qu’il intègre pour la première fois le groupe BPCE en 2008, en tant que directeur du pilotage et de l'analyse de la performance. « L’aventure était formidable. C’est une banque qui s’appuie sur deux siècles d’histoire et qui s’est réinventée pour former le deuxième groupe bancaire en France. Ce fut un environnement extrêmement stimulant pour apprendre la banque de détail », explique Nicolas Namias.
Puis, en mai 2012, il fait son grand retour dans le public, cette fois à Matignon. Il y sera conseiller financement de l’économie, entreprises, affaires économiques et internationales. L’expert apportera sa pierre à la fameuse réforme bancaire française, tant crainte par les établissements financiers qui se méfiaient du calibrage qui en serait fait. « L’objectif était d’asseoir la réforme sur la notion de financement de l’économie. Nous avions le choix entre deux approches : se fonder sur la nature des activités ou sur leur finalité. C’est heureusement la deuxième solution qui a été choisie », précise l’intéressé.
Enfin, il y a trois ans, Nicolas Namias retrouve son groupe bancaire. Il loue les belles opérations sur lesquelles il a pu être utile comme l'acquisition des activités de Leonardo & Co en 2015 ou celle d’une participation dans Peter J. Solomon Company, un établissement américain. Comment le collaborateur de Natixis voit-il son poste ? « La stratégie doit être un moteur de décision et d’action : d’abord, le strategic planning, qui détermine les orientations métiers et nos ambitions financières pour les années à venir ; ensuite les opérations d’acquisitions ou de cessions, pour que notre allocation de capital accompagne notre ambition stratégique. Le tout avec un objectif : la création de valeur pour nos clients, nos collaborateurs et nos actionnaires. »
En outre, Nicolas Namias, aujourd’hui âgé de 41 ans et père de trois enfants, aime à rappeler qu’ « il est toujours important d’être inspiré par ses patrons ». Il pense ainsi à François Pérol, président du directoire de BPCE, et à Laurent Mignon, DG de Natixis. Pour sa part, Nicolas Namias, dont l’équipe compte 11 personnes, aime les profils motivés et agiles intellectuellement. Et de conclure que pour lui, le rôle de la stratégie est aussi d’être un incubateur de talents.
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