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"Le roi Emmanuel", tout puissant
« Macron a abandonné l'espoir», titre le Frankfurter Allgemeine Zeitung, citant Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis. « La grande réforme de l'union monétaire va-t-elle venir ? Le Président français n'y croit plus, confie quelqu'un qui le connait bien. A la place de cela, il poursuit un nouvel objectif», précise le site de l'hebdomadaire. Lors d'une conférence à Francfort, Patrick Artus aurait en effet estimé qu'un accord avec Angela Merkel pour une réforme de la zone euro semblait impossible à obtenir pour Emmanuel Macron. Contrairement à ses espoirs de début de mandat, il aurait constaté que « ses plans se heurtent à une grosse résistance à Berlin et qu'il ne pourra pas les faire avancer ». Le FAZ précise cependant que « dans le même temps, Macron envisage de lancer une offensive pour plus d'investissements dans des projets d'avenir en Europe. Car il ne considère pas les moyens mobilisables actuellement (comme la banque d'investissement européenne) comme suffisants ».
Le Sueddeutsche Zeitung consacre pour sa part un article au « roi Emmanuel ». « Le président Macron utilise le régime politique présidentiel sans pitié. La gauche, autour de son opposant Mélenchon, proteste, furieuse. Dans les coulisses, la droite se réjouit autour de Marine Le Pen, qui attend une nouvelle opportunité ». « Ce qui est vraiment surprenant dans la culture politique française, ce ne sont pas les nombreuses grèves et manifestations. Ce qui est étonnant c'est le pouvoir des présidents. Les Français traitent donc avec autant de compréhension les cheminots en grève, les pilotes, les enseignants ou les étudiants, parce que ce système très divisé, comporte aussi une résistance décidée. Là où il manque un parlement puissant, la rue gagne du poids ».
Le quotidien poursuit : « Macron a certes écrit un livre intitulé "Révolution", mais il ne semble pas vouloir autre chose que l'affrontement entre la population et le président. Au contraire. Il règne avec une posture intransigeante qui n'a pas eu lieu au Palais de l'Elysée depuis des années. Il le peut car le président français Charles de Gaulle a ainsi pensé la 5ème République et le pouvoir qui l'accompagne. Macron affirme que les processus démocratiques l'intéressent moins que des résultats chiffrables ».
Pour le SZ, sur la politique extérieure, cette posture peut être payante : «soudain un personnage tout-terrain déborde d'enthousiasme à travers l'Europe et le Monde. Il veut, se bat et réclame ». Mais d'un point de vue intérieur, le quotidien est moins convaincu : « 'Celui qui voudrait le freiner', menace Macron, 'sera puni dans 4 ans avec Marine Le Pen' ». Pourtant, « en fin de compte, la situation profite exactement à celle dont tout le monde a peur ». Car en s'imposant ainsi, Emmanuel Macron conforte les électeurs du Front National qui trouvent déjà que « la démocratie est trop laborieuse ».
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