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Emmanuel Macron responsable de l'échec des négociations allemandes ?

Ses propositions pour l'Europe ne reçoivent pas du tout le même accueil dans les différents partis qui négocient actuellement une éventuelle coalition.
Angela Merkel - Emmanuel Macron
Angela Merkel - Emmanuel Macron

Emmanuel Macron va-t-il être une des causes d'un échec des négociations en vue de la création d'une grande coalition en Allemagne ? Le Handelsblatt explique quoi qu'il en soit que le SPD et la CSU sont très divisés quant à la vision de l'Europe proposée par le chef d'Etat français. « Lors de la campagne électorale, l'Europe n'était pas un gros thème. Mais ensuite, le Président français est venu avec sa vision. Et maintenant, l'Union et le SPD se disputent à propos de la politique européenne. » Si, sur le papier, les différences n'étaient pas si importantes - et en tout cas, pas au point de faire échouer des négociations - les déclarations du Président Macron ont été reçues de manière très différentes par les partis allemands. Le SPD, avec Martin Schulz en tête, veut pousser la question européenne et n'a pas hésité à évoquer des « Etats-Unis d'Europe d'ici 2025 ». « Cela va beaucoup trop loin pour l'Union et notamment la CSU, qui ne voudra surement pas voir cela dans un accord de coalition », prévient le quotidien. Dimanche, Sigmar Gabriel (SPD) a pourtant prévenu, sur la chaîne de télévision ARD : « S'il doit y avoir une coalition avec le SPD, alors ce sera le premier accord de coalition où l'Europe sera au centre ». Et il estime qu'il est temps pour l'Allemagne de répondre à Emmanuel Macron. La CSU de son côté s'oppose « à la mise en commun des dettes », que représentent, pour elle, les Etats-Unis d'Europe. Le parti bavarois refuse un renforcement de l'UE et beaucoup, à la CDU, sont du même avis.

En revanche, selon la Frankfurter Allgemeine Zeintung, les partis auraient trouvé un accord sur la question du changement climatique : « l'Union (ndlr CDU/CSU) et le SPD capitulent face aux objectifs pour le climat », prévient le quotidien. Les dirigeants estiment que les objectifs pour 2020 sont  non atteignables pour l'Allemagne. « Pour l'ancienne chancelière du climat, c'est particulièrement énervant », note la FAZ. Cependant, les efforts seront poursuivis pour obtenir ces objectifs à plus longue échéance.

Quoi qu'il en soit, le climat est tendu dans le pays, avec le puissant syndicat IG Metall qui a décidé de faire pression sur le patronat en pleine renégociation des accords de branches (l'industrie, la sidérurgie, l'automobile, l'électronique et le textile). Les revendications portent sur une revalorisation des salaires et une réduction du temps de travail, avec la possibilité de travailler 28h par semaine pendant 2 ans. Le Spiegel explique que la grève concerne des milliers de salariés, notamment chez Porsche, Bombardier ou encore Bosch. « La lutte pourrait juste être à son début », note le site de l'hebdomadaire. Une façon pour le syndicat de se faire entendre, sachant qu'en Allemagne, les grèves ne sont possibles que lors des négociations de branches, à l'échéance de l'accord précédent. La métallurgie emploie 4 millions de personnes outre-Rhin.

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