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Bâle 4 : un chantier très (trop ?) couteux pour les banques

Selon une étude McKinsey et les dernières hypothèses de discussions de Bâle 4, les exigences de fonds propres pour les établissements financiers européens devraient augmenter de 120 milliards d’euros pendant que leur rentabilité baisserait de 0,6 point. 
Comité de Bâle
Comité de Bâle

Les choses sont encore floues du coté de Bâle, mais déjà, les banques se préparent à l’arrivée prochaine de nouvelles règles prudentielles. Le troisième pilier de Bâle 3, dit Bâle 4, patine toujours pour arriver à un compromis entre les différents pays, mais pour McKinsey, les dernières suggestions en date peuvent déjà déboucher sur des anticipations chiffrées. Et ces dernières sont loin d’être négligeables pour les banques européennes, puisque d’après le cabinet stratégique, les nouvelles règles devraient augmenter de 120 milliards d’euros les exigences de fonds propres pour les banques européennes. Et dans le même temps, la mise en place telle que prévue actuellement de Bâle 4, entraînerait une baisse du ROE du secteur bancaire européen de 0,6 point.

Partant toujours des hypothèses sur lesquelles ont abouti les discussions au Comité de Bâle, fin mars, McKinsey relève donc plusieurs impacts sur le secteur bancaire en Europe. Ainsi, contrairement à ce que le groupe des gouverneurs de banques centrales et responsables de la supervision (Group of Central Bank Governors and Heads of Supervision, GHOS) de la BRI affirmait en septembre dernier « l’impact sur les banques pourrait être clairement significatif », constate le cabinet. Le GHOS considérait en effet qu’il n’y aurait pas d’augmentation importante des besoins en capital. Par ailleurs, les établissements financiers vont devoir faire face à des ajustements réglementaires, qui n’affectent pas directement les exigences du pilier 1. Ainsi, cela pourrait inclure par exemple « les risques d’agrégation de données et informatiques, la révision des risques de taux dans les books standards des banques ou encore l’introduction de la norme comptable IFRS 9 », explique McKinsey. « Ce nouvel environnement réglementaire demandera aux banques l’implémentation de programmes complexes », continue le cabinet. 

Autrement dit, les banques européennes seront donc fortement impactées, tant au niveau des montants investis pour les mises en conformité que par l’impact sur la rentabilité. McKinsey anticipe ainsi que le ratio CET1 des établissements financiers en Europe pourrait baisser de 29pb, passant de 13,4% aujourd’hui à 9,5%. Pour les banques françaises, les nouvelles règles porteraient le CET 1 de 13,3 % aujourd’hui à 9,8 %. Enfin, au niveau sectoriel, l’effet le plus sévère de Bâle 4 serait l’impact sur le plancher d’exigence en fonds propres, qui selon les dernières hypothèses retenues, baisserait le ratio moyen de 1,3 pb. Enfin, l’impact sur la rentabilité des banques serait lui aussi important puisque le ROE moyen des banques baisserait de 0,6 pb à 7,4%, avec un impact plus important pour les banques universelles qui pourraient voir leur ratio baisser de 8,3% à 7,3% et les institutions spécialisées impactées dans la même ampleur, de 6,3% à 5,3%. « Ces différents impacts seront évidemment différents en fonction de la taille des établissements, de leur complexité et de l’interconnectivité avec les banques universelles », souligne McKinsey. Au total, ce sont donc près de 120 milliards d'euros supplémentaires de fonds propres que les banques devront trouver. Et pour le cabinet stratégique, « l’impact de Bâle 4 sera beaucoup plus important qu’anticipé initialement. Les banques devront lever plus de capital, et probablement recourir à des mesures peu conventionnelles pour respecter les standards».

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