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Les britanniques revoient leurs règles de gouvernance

Les entreprises britanniques devront accueillir un représentant du personnel au sein du conseil d’administration. Le board devra aussi publier la différence entre les rémunérations des dirigeants et la moyenne salariale dans leur entreprise. Une réforme plus souple que ce que souhaitait Theresa May à son arrivée au pouvoir
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne

Cela s’appelle un toilettage plus qu'une véritable refonte. Le ministre de l’Economie britannique, Greg Clark, a présenté ce matin un ensemble de nouvelles règles concernant la gouvernance et les déclarations de salaires des grands groupes du pays. Cet ensemble de réformes résulte du mécontentement croissant de la population concernant les salaires versés aux grands patrons, qui a surgi de manière importante lors de la campagne pour le Brexit. En conséquence, Theresa May avait décidé de plancher sur cette question et une consultation de place avait été lancée en novembre dernier. Ce sont les résultats de cette consultation qui ont été présentés ce matin, mais qui sont plus édulcorés que prévu.

En moyenne, les dirigeants britanniques gagnent 128 fois plus que le salaire moyen de leur entreprise, selon l’association Pensions and Lifetimes Savings Association. C’est pourquoi l’une des mesures phares est d’imposer aux grandes sociétés cotées de publier chaque année l’écart de rémunération entre les directeurs généraux et la paie moyenne des employés. Par ailleurs, dès juin 2018, les comités de rémunération devront prendre en compte l’ensemble de la grille de rémunération des salariés pour fixer les objectifs des dirigeants.

Parallèlement, un registre public sera créé dans lequel seront inscrits les noms des entreprises ayant fait l’objet d’un vote défavorable à la politique de rémunération par au moins 20% des actionnaires. Cette mesure a été allégée par rapport au Livre vert publié fin novembre, qui recommandait que les actionnaires aient un droit de veto sur la rémunération des dirigeants. Finalement, une telle fronde ne sera que consultative, ce qui n’empêchera pas les abus comme on les a connus, notamment en France. A noter tout de même que sur ce point la France est en avance, pour une fois, par rapport aux anglais, puisque dans l’Hexagone, et ce depuis cette année, le vote des actionnaires contre la rémunération des dirigeants a valeur d’obligation.

Autre volet abordé dans la réforme britannique: le rôle des salariés dans les instances dirigeantes. A son arrivée au pouvoir, la Premier ministre souhaitait imposer la désignation d’un représentant des salariés au sein des conseils d’administration. Là encore, c’est une version allégée de ce que Theresa May souhaitait, puisque finalement, les sociétés auront le choix entre deux options. Elles pourront soit nommer un représentant du personnel, soit charger un administrateur non exécutif de représenter le personnel.

Il faut dire que le contexte politique en Grande-Bretagne donne aux entreprises un avantage important dans le processus puisque Theresa May, qui n'a plus la majorité absolue, doit composer avec des députés pro-entreprises. Elle doit aussi continuer à amadouer les grands groupes pour qu’ils la soutiennent dans son processus de négociation avec Bruxelles.

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