Où aller post-Brexit ?
Quelle place de marché les financiers travaillant aujourd’hui à Londres devront-il privilégier dans le cadre du Brexit ? Le site collaboratif Emolument.com y répond en partie à la lumière des indications fournies par plus de 4.000 banquiers installés aujourd’hui à la City mais aussi sur les places de Paris, Francfort et Milan et ce, par rapport à leur niveau de salaire actuel et en les interrogeant sur la perception qu’ils avaient de leur propre lieu de travail.
Côté rémunérations, ceux qui devront quitter le sol du pays de Shakespeare y perdront assurément : en faisant le point pour chaque catégorie de financier, il ressort en effet que c’est Londres qui rétribue le mieux, et de loin, ses salariés quelle que soit leur qualification. Un analyste y gagne ainsi 57.000 livres de salaire et 9.600 livres de bonus quand celui de Milan totalise 30.000 livres + 5.400 livres, celui de Francfort 56.000 + 9.000 et celui de Paris 48.000 + 7.400.
Lorsque l’on monte au niveau des directeurs, ceux de Londres émargent à 170.00 livres de salaire et 110.000 livres de bonus en moyenne alors que ceux de Milan n’arrivent qu’à 112.000 livres de salaire et 48.000 livres de bonus, ceux de Francfort à 135.000 + 40.000 et ceux de Paris à 109.000 + 81.000.
Quant aux managing directors, les fameux MD, les Londoniens affichent 250.000 de salaire et 228.000 de bonus tandis que ceux de Milan ne dépassent pas 180.000 + 153.000, ceux de Francfort 190.000 +108.000 et ceux de Paris 159.000 +153.000. Avec cette notable différence entre les pays : si les financiers français touchent quasiment l’équivalent de leur rémunération fixe en bonus, les Allemands, eux, privilégient un important salaire et des bonus plus faibles. Ce que l’on peut voir au niveau des vice-présidents : quand celui du pays de Goethe touche 108.000 livres de salaire et 31.000 livres de bonus, celui de Montesquieu y gagne 90.000 livres en fixe et 64.000 livres en variable.
Quant à la perception qu’ont ces professionnels de leur place respective, il est intéressant de voir qu’aucune d’entre elles ne tient tous les leaderships. Pour celle permettant le meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, c’est Francfort qui arrive en tête avec 70% de réponses positives sur le sujet tandis que le moins bon résultat est enregistré par Paris (59%). A la question "pensez-vous que votre entreprise est ouverte d’esprit ?", ce sont les salariés des firmes londoniennes qui se montrent les plus satisfaits (49%) tandis que ceux des sociétés allemandes ne le concèdent qu’à hauteur de 31%. Quant à la corrélation entre implication et rémunération, c’est à Francfort que l’on retrouve le meilleur score (toutefois faible de 31%) alors qu’à Milan aucun salarié n’entrevoit un lien entre ces deux paramètres ! Enfin à la question de savoir si ces banquiers sont prêts à donner 110% de leur énergie à leur entreprise, c’est en revanche à Milan que l’on découvre la plus importante mobilisation avec 75% de réponses positives, le plus faible score revenant à...Paris (47%). Les Allemands répondent eux favorablement à 57% et les Britanniques à 49%.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

