Qu'est devenu l'ancien gouvernement Cameron ?
Si les anciens Premiers ministres britanniques ont toujours réussi à se recycler dans des fonctions prestigieuses, à l’image de Gordon Brown devenu représentant spécial pour l’ONU dans le domaine de l’éducation, l’avenir de David Cameron reste, lui, pour le moment mystérieux. A la surprise de tous, l’ancien chef du gouvernement britannique, qui avait démissionné de ses fonctions le 13 juillet, à la suite du vote sur le Brexit, a également annoncé qu’il abandonnait son poste de député du comté de Witney le 12 septembre dernier. Si sa démission mi-juillet était prévisible, le chef du gouvernement n’ayant pas réussi à convaincre les Britanniques de rester dans l’UE, celle de son poste de MP est plus étonnante.
David Cameron avait en effet affirmé en juillet qu’il conserverait un rôle politique dans le pays et ne comptait pas du tout quitter Westminster. Il a finalement changé d’avis pendant l’été, justifiant sa décision par le fait de ne pas vouloir "devenir une distraction" pour le nouveau gouvernement ni ainsi gêner la politique de son successeur Theresa May. Mais plusieurs membres du parti conservateur estiment qu’il a en réalité mal accepté le rejet par la nouvelle Premier ministre de nombre des mesures qu’il avait adoptées en matière budgétaire, économique ou d’éducation, et la voie résolument différente prise par sa remplaçante.
En quittant son poste de député, il perd du même coup une rémunération annuelle de 74 962 livres, selon le site du Parlement britannique (son salaire de Premier ministre atteignait quant à lui 68 500 pounds) , mais devrait toucher une retraite de 40 000 livres par an, ainsi qu'un complément de 20 000 livres lorsqu'il aura atteint les 65 ans. Une somme finalement assez modeste au regard de ce que touchent certains anciens hommes d'Etat de l'Hexagone (Jacques Chirac perçoit ainsi 31 000 euros mensuels bruts).
Depuis sa démission de Westminster, les rumeurs vont bon train quant à la potentielle reconversion de l’ancien chef du parti conservateur. Selon le Daily Mail, qui cite plusieurs de ses amis, David Cameron pourrait passer l’année qui vient à la rédaction de ses mémoires et retracer son ascension politique, d’Eton, à Oxford puis au sein du parti conservateur. L’ex-Premier ministre a quant à lui affirmé qu’il n’avait pour l’instant "pas de projet déterminé", mais certains estiment qu’il pourrait lancer une fondation destinée aux plus défavorisés, afin de faciliter leur accès à l’éducation.
Pour l’instant, la presse britannique s’est surtout délectée de ses photos de vacances avec sa femme et ses trois enfants, en Cornouaille, en Ecosse, au Portugal et à Ibiza. Et les journaux du pays feuilletonnent désormais sur le futur logement de l’ancien chef du gouvernement, chassé de Downing Street dès le 13 juillet, et qui habite pour le moment dans une somptueuse villa du West End londonien, prêtée par un couple d’amis. Avec 7 chambres, 6 salles de bain et trois séjours, la demeure temporaire de la famille Cameron aurait presque de quoi rendre jalouse la nouvelle locatrice de Downing Street, note ainsi le Daily Telegraph...
Les anciens membres du cabinet Cameron ont de leur côté plus ou moins bien rebondi. Six d'entre eux ont conservé un poste au sein du nouveau gouvernement : à commencer par Theresa May, qui était rappelons le, ministre de l'Intérieur pour David Cameron depuis 2010 avant de se présenter comme candidate à la tête du parti conservateur, à la suite de la démission du Premier ministre le 13 juillet. La nouvelle chef du gouvernement a par ailleurs nommé son ancien collègue et ministre des Affaires Etrangères Philip Hammond sous Cameron, comme chancelier de l'Echiquier de son propre cabinet. Choisi pour "casser" l'image des gouvernements conservateurs "réputés négliger le domaine social", cet eurosceptique a d'ailleurs rapidement annoncé qu'il ne respecterait pas l'objectif d'équilibre budgétaire pour 2020 de son prédécesseur George Osborne.
Vexé de ne pas avoir conservé son poste au sein du cabinet May, ce dernier est tout de même plutôt bien retombé sur ses pieds. Outre le mandat de député de Tatton (Nord Ouest de l'Angleterre), qu'il occupe depuis 2001, l'ancien chancelier a rejoint en août dernier la célèbre agence américaine Washington Speakers Bureau dont font partie les plus grands ex-politiciens (Tony Blair, Gordon Brown, George Bush) et qui organise des cycles de conférences où interviennent les chefs d'Etat. Un business juteux pour ces derniers qui peuvent empocher entre 50 000 et 300 000 dollars par intervention !
Jeremy Hunt, ministre de la Santé sous Cameron a quant à lui conservé son portefeuille, de même que le secrétaire d'Etat au Pays de Galles Alun Cairns, de l'Ecosse, David Mundell et de la Défense Michael Fallon. L'ex-chef de cabinet de David Cameron, Ed Llewellyn doit également être satisfait de son sort puisqu'il a de son côté été nommé ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, en remplacement de Julian King nommé commissaire européen en charge de la Sécurité en septembre dernier. Selon le ministère des Affaires Etrangères britanniques, il aura notamment pour tache d'accompagner depuis la France les modalités de sortie de son pays de l'UE. Il devrait prendre ses fonctions en décembre prochain.
L'un des principaux perdants de l'ancien gouvernement Cameron est Michael Gove, ex-ministre de la Justice et qui n'a conservé que son poste de député de Surrey Heath, à la suite de la démission de David Cameron. Seul défenseur officiel du Brexit au sein du cabinet Cameron, il a lui-même détruit sa carrière politique fin juin, après avoir trahi Boris Johnson qu'il avait soutenu pendant toute la campagne pour le Brexit. Le conservateur s'est en effet présenté comme candidat à la tête du parti, déclarant que l'ancien maire de Londres n'avait pas les épaules pour assumer le rôle. Michael Gove a finalement été battu par Theresa May, en grande partie en raison de son manque de loyauté et pour avoir joué double jeu auprès de Boris Johnson.
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