HSBC nomme un président non-exécutif
HSBC continue à faire évoluer sa gouvernance. Après avoir renouvelé l’an dernier son conseil d’administration en y faisant entrer Henri de Castries (ex-AXA) et Paul Walsh (ex-Diageo), la banque a annoncé aujourd’hui le nom de celui qui prendra le titre de président non-exécutif. Il s’agit de Mark Tucker, qui apportera au groupe sa forte expérience de l'Asie -zone clef pour cet établissement originaire de Hong Kong (The Hongkong and Shanghai Banking Corporation, HSBC). Ce dernier prendra son poste le 1er octobre prochain. Il remplacera Douglas Flint, président exécutif de HSBC depuis 2010. A noter que Mark Tucker est le premier homme venu de l’extérieur à avoir été nommé à la fonction suprême. Les pratiques avaient déjà commencé à évoluer puisqu'en 2010 Michael Geoghegan, alors DG, n’avait finalement pas été choisi pour prendre les rênes de la banque, contrairement à ce que voulait la tradition. C'était alors Douglas Flint, directeur financier, qui avait emporté le morceau.
Mark Tucker, 59 ans, est actuellement PDG de l’assureur AIA Group, firme qu’il a ralliée en juillet 2010 avant de prendre en main son IPO à Hong Kong en octobre de la même année. Mark Tucker a également travaillé pour l’assureur Prudential où il a mis en place et dirigé Prudential Corporation Asia (1994-2003) avant de devenir directeur général (2005-2009). Il a également été directeur financier du groupe bancaire britannique HBOS, qui a fait faillite. L’homme a en outre siégé dans plusieurs comités de la Banque d’Angleterre et est au conseil de Goldman Sachs depuis 2012. Avant de rejoindre le board d’HSBC, Mark Tucker dira au revoir à ce rôle d’administrateur.
« Au titre de CEO dans deux groupes de services financiers et grâce à ses rôles non-exécutifs au sein de la Banque d’Angleterre et de Goldman Sachs, il possède une expérience et une compréhension approfondie des cadres réglementaires dans lesquels les groupes de services financiers comme HSBC opèrent », souligne le communiqué du jour. Outre les taux bas, les effets du ralentissement chinois ou la gestion des conséquences liées au Brexit actuellement, la banque a également eu à faire à la justice américaine ces dernières années. Mark Tucker aura aussi pour mission de trouver un successeur à Stuart Gulliver, actuel directeur général de HSBC et dont le mandat prendre fin en 2018.
« Nous pensons que l’accent va maintenant être mis sur la recherche d’un nouveau CEO (d’ici à la fin 2018) et sur une stratégie plus diversifiée, la majeure partie de la profitabilité de HSBC continuant de venir d’Asie, de Grande-Bretagne (60% de l’allocation de capital) avec la plupart des revenus des opérations restantes inférieurs au coût du capital », a expliqué ce matin dans une note Goldman Sachs. Par ailleurs, David Lock analyste chez Deutsche Bank, a écrit un rapport intitulé : « Une nomination externe de haute qualité ». Il y explique qu’ « un parler pragmatique et franc » va amener une « nouvelle perspective » à HSBC. D'autres professionnels boursiers se montrent plus dubitatifs, faisant remarquer que c'est surtout un homme de l'assurance et que vu la taille de la banque, cette nomination est pour le moins surprenante mais confirme la difficulté à trouver de très grosses pointures efficaces sur tous les aspects bancaires et assurantiels.
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