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Rémunérations des dirigeants de BNP Paribas et Société Générale: les modes de calcul

Les deux banques ont publié leurs documents de référence, lesquels incluent une partie émoluments. Les bonus de Jean-Laurent Bonnafé et Frédéric Oudéa ont baissé.
Bulletin de paie - rémunération - bonus - fiche- salaire - revenus - illustration
Bulletin de paie - rémunération - bonus - fiche- salaire - revenus - illustration

Les documents de référence des sociétés sont une mine de chiffres, qui permettent de voir les évolutions d’une année sur l’autre, que ce soit en matière d’activité ou encore de gouvernance. Les rémunérations des patrons y sont également détaillées. Les groupes présentent les modes de calculs des émoluments ainsi que les chiffres pour l’exercice précédent. Jusqu’ici, côté financières, ce sont Société Générale et BNP Paribas qui ont dévoilé leurs cartes au titre de 2017. Leurs documents révèlent une baisse des bonus attribués à leurs hommes forts respectifs, Frédéric Oudéa et Jean-Laurent Bonnafé.

Dans le détail, le patron de BNP Paribas a touché un variable annuel de 1,5 million d’euros. Un chiffre en baisse, puisque Jean-Laurent Bonnafé s’était vu verser environ 1,6 million d’euros un an auparavant. A noter que la dynamique est la même en ce qui concerne le variable attribué (qui diffère du variable versé, les bonus étant en partie étalés dans le temps). Cette somme est calculée à partir de critères quantitatifs et qualitatifs, tel que le lancement du plan stratégique par exemple. Le document de référence rappelle que la rémunération fixe de son directeur général est restée stable (environ 1,6 million d’euros), après une hausse actée en 2016. Au total, la fiche de paie effective est en augmentation puisque l’homme fort du groupe a perçu 4,4 millions d’euros au titre de 2017, contre 3,3 millions un an plus tôt. Une hausse qui s’explique en grande partie par le variable pluriannuel versé, à 0 en 2016 (attribution de 2011) et qui a atteint les 1,3 million d’euros pour 2017. BNP Paribas précise que ce montant versé correspond à l’application des conditions de performance attachées au plan de rémunération long terme (PRLT) sur cinq ans, ici attribué en 2012 mais versé en 2017 à Jean-Laurent Bonnafé. Le but de ce dispositif étant d’associer le dirigeant à la performance à moyen-long terme du groupe, tout en maîtrisant les risques. En 2016, les conditions de performance permettant le versement n'avaient pas été atteintes.

Jean Lemierre, président du conseil d’administration, a pour sa part également touché le même fixe que l’année précédente (950.000 euros), tout comme Philippe Bordenave, directeur général délégué (1 million d’euros). Le président ne perçoit en revanche ni variable annuel, ni pluriannuel. « L’absence de rémunération variable traduit l’indépendance du Président à l’égard de la Direction Générale », précise le document de référence. Ainsi, le DGD a-t-il, lui, été doté d’un variable annuel de plus de 830.000 euros, en baisse par rapport à 2016. Aucun des trois hommes forts de BNP Paribas n’a été gratifié d’une rémunération exceptionnelle. Par ailleurs, Jean Lemierre a empoché des jetons de présence à hauteur de 62.000 euros, contre 58.000 euros. Soit les mêmes montants que Jean-Laurent Bonnafé.

Du côté de la Société Générale, la dynamique est la même pour les fixes. On constate des salaires d’un montant égal d’une année sur l’autre : 850.000 euros pour le président Lorenzo Bini Smaghi, 1,3 million pour le directeur général Frédéric Oudéa. Des sommes qui n’ont pas non plus bougé sur la période pour les trois DG délégués (800.000 euros). Si le président ne touche, là encore, pas de variables, le DG a, lui, perçu des bonus (différés et non différés) en hausse sur un an (1,5 million). En revanche, le montant dû au titre de l’exercice est en baisse (1,3 million). La rémunération variable annuelle est basée à 60% sur des critères quantitatifs (bénéfice net par action, résultat brut d’exploitation et coefficient d’exploitation) et à 40% sur des critères qualitatifs, le plus souvent collectifs (stratégie, efficacité opérationnelle, satisfaction client…), explique la banque rouge et noire. Frédéric Oudéa affiche un taux d’atteinte de ses objectifs quantitatifs de 69% et de 82,50% des objectifs qualitatifs. Reste à savoir si les autres grandes banques auront suivi le même schéma l’an passé.

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