Board : les nominations symptomatiques de Renault
Renault se sépare cette année de trois administrateurs indépendants, en raison de leur atteinte de la limite d’âge pour les deux premiers et de la volonté de démissionner du dernier. Pour remplacer ces experts que sont Dominique de la Garanderie, avocate, l’homme d’affaires canadien Alain Belda, et l'ancien patron de Danone, Franck Riboud, le groupe automobile propose pour quatre ans le nom de trois personnalités ayant toutes réussi dans leurs domaines respectifs. La société du CAC 40 a néanmoins voulu que les nouvelles administratrices aient des points communs : qu’elles viennent rééquilibrer la parité, qu’elles aient une diversité de compétences pertinente au regard de la stratégie de la société, qu’elles soient issues de divers territoires et qu’elles aient une connaissance des marchés sur lesquels Renault est implanté ou souhaite s’implanter.
La première d’entre elles est Miriem Bensalah-Chaqroun, directeur général des Eaux minérales d’Oulmès. La nomination de cette Marocaine correspond au souhait de Renault d’ouvrir son conseil à des profils plus industriels. « Son expérience en matière de développement responsable sera un atout majeur », souligne le groupe dans son document de référence. La société peut aussi compter sur elle pour lui ouvrir les portes de l’Afrique, Miriem Bensalah-Chaqroun étant à la tête du patronat marocain (et première femme à avoir été élue à cette fonction dans le monde arabe). Par ailleurs, la Française, Marie-Annick Darmaillac, directrice RSE chez Vivendi, apportera son « expertise sur les questions d’éthique et de développement durable qui sont au cœur de la stratégie actuelle », ajoute le groupe. Juriste de formation, son œil en matière de compliance, sujet hautement sensible depuis quelques années, sera également un plus. Dernière administratrice indépendante : Catherine Barba, quadra, fondatrice et dirigeante de CB Group, qui accompagne les entreprises dans leur transformation digitale. Cette diplômée de l’ESCP a installé en 2015 son entreprise à New York, lui conférant une casquette transatlantique indispensable.
Ces profils d’indépendantes font échos à celui d’Olivia Ronghong Qiu, arrivée l’an passé au board. Cette franco-chinoise est ingénieur et docteur en science de gestion de l’Ecole supérieure des affaires de Grenoble. Elle est actuellement en charge de l’innovation chez Philips Lighting. Autre femme, autre pays, autre profil, celui de Cherie Blair (l'épouse de l'ancien Premier ministre britannique), qui a plus de 35 ans d’expérience comme barrister, et qui a représenté plus de 30 gouvernements ainsi que de nombreuses sociétés dans des litiges internationaux. Dernière indépendante, une française : Pascale Sourisse (X-ENST), directeur général en charge du développement International de Thales.
Carlos Ghosn compte néanmoins des hommes administrateurs indépendants d’expérience, et dont les noms sont reconnus en France, pour conseiller le groupe. Le mandat de Thierry Desmarest (X-Mines), président d’honneur de Total SA, a été renouvelé l’an passé. Il œuvre aux côtés de Patrick Thomas (ESCP), ex-PDG d'Hermès International, de Philippe Lagayette (X-ENA), ancien patron de la Caisse des dépôts et de JP Morgan France, ou encore de Marc Ladreit de Lacharrière (ENA), patron de Fimalac.
Pour finir trois derniers « types » d’administrateurs siègent chez Renault. Les représentants des salariés et des actionnaires salariés, mais aussi les représentants de Nissan -partenaire de Renault- et de l’Etat, actionnaire du groupe. Deux figures entrent dans cette ultime catégorie : Martin Vial (ESSEC et ENSPT) et Pascal Faure (X- ENSTP). Le premier est commissaire aux participations de l’Etat depuis 2015 (en clair, patron de l'APE) et est ainsi présent aux conseils de Thales, Bpifrance et EDF. Le second est directeur général des entreprises depuis 2014 et est présent chez France Télécom et à la Française des jeux.
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