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Procès Kirch : les ex-dirigeants de Deutsche Bank toujours dans l’œil du cyclone

La Cour suprême fédérale allemande va examiner la relaxe accordée à trois anciens dirigeants, dont Jürgen Fitschen, l’ex-copatron de Deutsche Bank. Ce feuilleton judiciaire est un caillou dans la chaussure de l’établissement qui fait face à de gros problèmes d’image.
Deutsche Bank
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Les 925 millions d’euros versés par Deutsche Bank il y a deux ans n’auront pas suffi à calmer les ardeurs judiciaires allemandes dans le dossier Kirch. La justice d’outre-Rhin n’en a en effet pas fini avec les anciens dirigeants de la banque. La Cour suprême va ainsi examiner la relaxe accordée en avril dernier à trois ex-hauts placés, dont Jürgen Fitschen, copatron de Deutsche Bank jusqu’en mai dernier et qui a également été à la tête du lobby bancaire allemand. L’affaire est un caillou de plus dans la chaussure de l’établissement bancaire, déjà aux prises avec plus de 6 000 litiges dans le monde et qui peine à redorer son blason.

Le point de départ de cette affaire ? En 2002, une interview accordée par l’ancien patron de la banque, Rolf Breuer à Bloomberg TV à New York, dans laquelle l’homme a mis en doute la solidité financière de Kirch, entreprise spécialisée dans les médias. Or, quelques mois plus tard, KirshMedia, qui comptait notamment Deutsche Bank parmi ses créanciers, a déposé le bilan. Le patron, Leo Kirch -décédé depuis- avait alors estimé que l’intervention de Rolf Breuer avait précipité de la chute de sa firme, les investisseurs ayant alors paniqué. Il a donc demandé réparation à hauteur de 2 milliards d'euros.

Trois anciens dirigeants de Deutsche Bank sont encore dans l’œil du cyclone dans le cadre de ce litige : Rolf Breuer donc, mais aussi Jürgen Fitschen et Josef Ackermann. Les ex-patrons ont été accusés d’avoir « agi en collusion » afin d’éviter que la famille Kirch n’obtienne réparation. En ce qui concerne Jürgen Fitschen, ce dernier était suspecté de ne pas avoir corrigé certaines déclarations « manifestement fausses » des autres accusés afin de ne pas torpiller leur défense. Néanmoins, « après un an de procès, on peut établir que les faits reprochés n’ont pas été confirmés », avait indiqué en avril le président du tribunal de grande instance de Munich Peter Noll. La justice avait également estimé que Rolf Breuer n’avait pas cherché, par ses déclarations, à affaiblir Kirch.

Mais le parquet de Munich, qui avait requis des amendes et des peines de prison avec sursis -dont 15 mois de prison avec sursis et une amende de deux millions d'euros à l'encontre de Jürgen Fitschen- a fait appel devant le Cour suprême, soulevant des incohérences et des lacunes dans le jugement. La haute instance va donc réexaminer le cas des trois protagonistes, qui risquent jusqu’à 10 ans de prison. A noter néanmoins que d’autres anciens de Deutsche Bank sont, eux, désormais tranquilles dans cette affaire, la justice considérant que leur rôle été a été limité.

Cette dossier est un tourment de plus pour la banque, qui en sus de l’amende de plusieurs milliards qu’elle risque actuellement aux Etats-Unis, fait face à une crise de confiance des investisseurs. Il faut dire que ces différents fers au feu judiciaires sont chronophages pour un management qui a besoin de pouvoir également se concentrer sur la profitabilité.

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