WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Des politiciens bientôt en stage dans des hedge funds

Dans une optique de démystification des hedge funds, certains députés britanniques ont accepté d’aller passer quelques semaines dans ces sociétés de gestion. Un travail d’éducation financière auquel tout politicien devrait se prêter.
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne

Voilà une initiative dont pourrait s’inspirer les nouveaux députés français. Leurs homologues britanniques vont en effet devenir des stagiaires, le temps d’un été, dans des hedge funds de Londres. Selon Financial News, des députés de chacun des partis présents à la Chambre des Communes ont accepté de devenir l’ombre de gérants de hedge funds afin de mieux comprendre la façon dont ils travaillent mais aussi de comprendre ce qu’ils font. Une manière d’éduquer les hommes politiques aux stratégies suivies et de les informer, en pratique, du rôle des hedge funds, notamment dans la gestion de la liquidité du marché. Une bonne manière d’ouvrir les yeux des politiciens à la finance, alors que chez nous, certains hauts responsables politiques mettent dans une même case, fonds d’investissement, fonds de pension et hedge funds… Pour Chris Evans, député Labor pour l’Islwyn et responsable de son groupe politique à la Chambre, cette initiative a pour objectif de démystifier l’industrie des hedge funds et d'ouvrir un dialogue dans l’optique du Brexit. « Sans un meilleur niveau de compréhension, les hedge funds pourraient être contraints à une plus sévère régulation après le Brexit », estime-t-il.

Pour l’heure, les députés britanniques prêts à se lancer dans l’aventure sont en pleine prises de contact avec ce sociétés de gestion pour qu’ils les acceptent en stage. L’un des plus importants fonds alternatif, Cheyne Capital qui gère près de 15 milliards de dollars, s’est déjà dit intéressé pour accueillir un ou plusieurs députés. Le fonds de Sir Michael Hintze, CQS, fait aussi partie de la liste des fonds approchés par les députés, sans pour autant s’être engagé pour le moment. Mais ce même fonds avait déjà participé à un programme similaire en 2011 proposant d’expliquer le métier aux politiciens et de contrecarrer leurs perceptions négatives.

« La gestion alternative est une success story dans ce pays et nous devrions chanter ses louanges », souligne encore Chris Evans. « Les hedge funds ont les mêmes problèmes que l’industrie de la défense avait il y a quelques années. Parce qu’ils ne parlent pas au gouvernement, le secteur s’était enfermé dans le secret. C’est une bonne occasion de donner un aspect humain à cette industrie», continue le député. Mais l’idée fait débat. Un responsable de fonds de pension local explique ainsi à Financial News qu’il suivra l’affaire de près. «Je préférerais que le gouvernement garde une ligne plus dure avec les hegde funds qui chargent des commissions élevées plutôt que de devenir proches de l’industrie », a-t-il ainsi indiqué. Pour Gina Miller, qui dirige SCM Private, une boutique de gestion privée « c’est 100% insensé et cela va générer bon nombre de conflits d’intérêts ». Une idée à suivre en tout cas de près, en espérant qu’elle fasse des émules de ce côté de la Manche.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article