Macro-économie / Taux / BCE / Mario Draghi / Réglementation/Politique publique
Macro-économie / Taux
BCE / Mario Draghi / Réglementation/Politique publique
Grave crise de gouvernance à la BCE
La réunion du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) du mois de septembre, qui a été particulièrement commentée, vient de dévoiler ses coulisses. À la lecture du compte rendu, il est évident que le consensus tablait sur un soutien majeur à la croissance. Pour autant, si les membres du Conseil étaient d'accord sur la fin, ils l'étaient beaucoup moins sur les moyens.
C'est bien la mobilisation des quatre instruments - une forward guidance amendée, un nouveau programme de rachat d’actifs, des opérations de refinancements à long terme renforcées et une baisse du taux de dépôt accompagné d’un système de tiering -, décidée par SuperMario qui a fait débat. Parmi les mesures les plus contestées, un certain nombre de membres du Conseil s'est opposé à la décision de relancer le programme d'assouplissement quantitatif, affirmant qu'il ne devrait être utilisé qu'en dernier recours et surtout, qu'il n'était plus efficace en raison des rendements obligataires de la zone euro déjà très faibles.
S'agissant du taux de dépôt, certains membres du Conseil des gouverneurs de la BCE étaient favorables à une réduction supérieure à celle de 10 points de base convenue le mois dernier par Mario Draghi et qui a ramené le taux de dépôt à - 0,5 %. Mais d'autres se sont opposés à cette réduction, mettant en garde contre les effets secondaires de plus en plus néfastes des taux d'intérêt négatifs. Le système de tiering a également soulevé des réserves au sein du Conseil des gouverneurs puisqu'un certain nombre de responsables ont exprimé des doutes quant à la capacité de cette mesure à atténuer l’impact des taux négatifs sur le secteur bancaire.
Enfin, la nouvelle forward guidance de l'institution de Francfort, qui est désormais bien plus accommodante qu'auparavant, a été jugée inapproriée. par certains membres. Ainsi, ironiquement, la seule annonce qui a rassemblé le Conseil n'a pas trait à la politique monétaire mais tient à l’appel de Mario Draghi aux décideurs politiques de mobiliser la politique budgétaire pour créer des synergies avec les mesures de la BCE. Finalement, l'Italien s'apprête à laisser derrière lui un Conseil des gouverneurs particulièrement désuni. Christine Lagarde, qui lui succèdera le 1er novembre prochain et sera scrutée de près par les investisseurs et le monde politique, devra agir avec diplomatie pour combler ces divisions et bâtir un nouveau consensus durable entre colombes et faucons.
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