Macro-économie / Taux / CEPII / europe / Mario Draghi
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CEPII / europe / Mario Draghi
Une année 2026 de tous les défis pour l’Europe / L’étau américain et chinois se fait de plus en plus pressant
Le Vieux continent n’a pas attendu l’arrivée de Donald Trump pour faire face à des défis existentiels. Ni non plus pour tâcher d’y remédier et pourtant les différents auteurs de "l’économie mondiale 2026", publiée comme chaque année par le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), estiment que la tâche demeure immense. Les ruptures technologiques en train de se produire sont autant de risques pour l’Europe de décrocher notamment par rapport à la Chine et aux États-Unis.
Les échanges présentant l’ouvrage ont notamment vu Thomas Grjebine, responsable du programme "Macroéconomie et finance internationales" au CEPII, s’en remettre à Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne et auteur d’un rapport éponyme. Le chercheur atteste ne "pas avoir l’impression qu’on soit mieux [l’Europe ndlr] que début juillet, Mario Draghi parle de la fin d’une illusion que l’Europe en tant que puissance économique puisse devenir une puissance géopolitique ". Toute la difficulté à ses yeux est que "l’Europe est prise en étau par la puissance technologique et économique de l’Europe et le rouleau compresseur de la Chine ".
Doubler
Le membre du CEPII s’est notamment attardé sur le différentiel entre l’Europe et l’Empire du milieu, exposant que ce dernier "n’a plus de retard technologique mais plutôt une avance. C’est dès lors difficile d’être compétitif que cette zone économique a des coûts de production plus faibles". Il redoute que sur bien des domaines on revive la même chose que sur les panneaux solaires, où l’Europe avait jadis une avance et a fini par être en retard sur les Chinois. À l’écouter c’est un "schéma qui peut se reproduire sur plusieurs pans de l’économie européenne ".
Pour tenter de rester dans le jeu et aussi de mettre un peu de baume au cœur de l’assistance, Thomas Grjebine s’est fait l’écho de la proposition de l’ancien banquier central en faveur d’un "endettement commun au niveau européen, qui n’est possible selon lui que si on discipline un peu plus les règles au niveau national. L’Europe elle a des atouts considérables que ce soit au niveau des infrastructures ou bien de son système de recherche qui fonctionne très bien".
Pas besoin d’aller très loin pour chercher les recettes du succès chinois à en croire Emmanuel Hache, directeur de recherche à l’IRIS, celui-ci expliquant que la Chine "a beaucoup appris de la création de champions nationaux en Europe dans l’après-guerre" et s’en est inspirée pour structurer une stratégie sur les métaux critiques depuis quasiment un demi-siècle. Le temps presse cependant au vu des besoins accrus des années à venir, ses calculs faisant état d’une consommation de cuivre près de 50 % supérieure en 2040 à celle actuelle. Appelant à prendre mesure de l’ampleur de la tâche, le chercheur a exposé qu’il "faut avoir aussi la notion de chaîne de valeur qui est derrière, contrôler la mine ne suffit pas". La maîtrise de l’ensemble du processus a été comprise depuis longtemps par une Chine qui, non contente de disposer d’un "sous-sol extrêmement riche, s’est positionné sur le raffinage de métaux qu’on était à l’époque très heureux d'abandonner".
Nouveaux modèles
Le retard européen n’empêche pas deux options d’être sur la table d’après le spécialiste ; se projetant il explique que "soit on produit via des mines et on fait du raffinage, soit on fait un modèle différent notamment via la réduction de nos consommations métalliques. Un sujet qui n’est pas du tout une priorité aujourd’hui mais qu’on peut connecter à nos batailles". La coopération pourrait quant à elle permettre à l’Europe de rattraper son retard dans le secteur automobile, avance Vincent Vicard, adjoint au directeur du CEPII et responsable du programme scientifique analyse du commerce international. Reprenant des idées qu’on a pu notamment retrouver dans la bouche du regretté Michel Aglietta, il a expliqué que dans le cadre de l’objectif d’une transition vers le véhicule électrique, se caractérisait une "nécessité d’attirer les transferts de technologies, comme ce qui s’est fait en Chine quand ils étaient en retard. On doit les inciter à venir en Europe".
Un scénario d’autant plus réaliste à ses yeux que les "exportations chinoises commencent plutôt à atteindre un plateau. L’automobile est un marché relativement particulier, où il est coûteux d’exporter au lointain. On observe une dimension continentale du marché automobile, en Europe ce sont 20 % des ventes qui proviennent de production qui sont extra-européennes ". Des projets sont déjà à l’œuvre en Hongrie et en Turquie pour des constructeurs chinois, parmi les 80 exportant en dehors des frontières de l’Empire du milieu.
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