Macro-économie / Taux / CEPII / OFCE / Institut français d'économie
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CEPII / OFCE / Institut français d'économie
Première rentrée pour l’institut français d’économie / Entre publication annuelle et précisions sur son agenda
Un rapprochement qui se sera fait attendre. Au moment de revenir sur la genèse de la création de l’Institut français d’économie (IFE), Xavier Ragot, président de l’IFE, a confié que cela « faisait dix ans qu’on discutait de fusion avec le CEPII ». Les deux structures partageaient une même culture dans leur façon de faire, mais étaient rattachées à des autorités différentes. L’héritage d’un souhait de Raymond Barre d’améliorer la qualité du débat économique en France ayant conduit à l’apparition de différentes structures dans les années quatre-vingt.
De quoi expliquer que l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) soit ancré depuis sa création à Sciences Po, ce qui doit lui assurer une liberté de ton, tandis que le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) était, de son côté, rattaché aux services du Premier ministre. Une différence de statut qui a compliqué la fusion en raison d’obstacles juridiques. Ce qu’aura donc emporté l’intérêt de cette fusion, laquelle avait déjà rallié à sa cause six premiers ministres au fil des changements de locataire à Matignon. Tout particulièrement en raison du besoin de compréhension de l’objet européen, explique Xavier Ragot, un sujet qui est d’actualité à plus d’un titre et qui est devenu "central". Un nouveau département verra d’ailleurs le jour et aura comme tâche de réfléchir aux sujets européens, à la macroéconomie et aux politiques sociales.
Comprendre
L’IFE tâchera donc de travailler à comprendre le quotidien de la zone euro, tout en explorant les implications d’une dette européenne. Pour ce faire le président de l’IFE a insisté sur le fait que la nouvelle entité demeurait petite, avec ses quelque 65 chercheurs à temps plein et une vingtaine à y être associés, là où son homologue allemand en regroupe plus de 200 et où ce nombre est allègrement dépassé outre-Atlantique. Néanmoins, le regroupement fait que les forces mises en commun permettront de faire davantage qu’auparavant. Antoine Bouët, vice-président de l’IFE, veut croire que cette « évidence dans la structuration de la recherche en économie en France », va permettre de créer des synergies importantes.
Il cite notamment la force de frappe en termes de communication qui va en résulter. Venant de la partie CEPII de la nouvelle entité, il a eu à cœur d’affirmer que l’IFE garderait l’attachement de son ancienne maison à créer des bases de données et des indicateurs. La participation au débat public a été unanimement citée comme une des priorités des mois à venir, via une multitude de productions scientifiques. Xavier Ragot explique que l’échéance présidentielle sera bien entendu au cœur du travail des équipes, lesquelles ne manqueront pas de revenir sur un certain nombre de sujets.
Élargir
La juxtaposition de compétences permettra tant de revenir sur les propositions émanant du débat public que de produire des policy briefs détaillés. Xavier Ragot argue « qu’il n’y a pas que la dette publique dans la vie », il serait question de publications tant sur le commerce que sur la transition ou encore l’industrie. Pour autant, au fil des tables rondes, Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint au Département Analyse et Prévision de l’Institut français d’économie, a insisté sur le fait que bien « qu’il n’y ait pas que la dette publique, il y a la dette publique, c’est l’éléphant dans la pièce. » Au moment de décrire son quotidien, il expose qu’il « regarde tous les matins le spread (OAT Bund, ndlr), là où on le regardait deux ou trois fois par an auparavant. » Le principal facteur qui lui pose problème dans la remontée des taux français depuis février est que cette hausse comprend des facteurs communs au reste de la zone euro de l’ordre de 70 % mais comporte également un facteur spécifique à la France de près de 30 %.
Des éléments propres à l’Hexagone qui concernent tout autant la politique que la macroéconomie. Une mauvaise passe tricolore donc, d’autant plus qu’il a confié que son audition auprès du Haut Conseil des finances publiques ne l’avait pas vu tabler sur une croissance supérieure à 1 % en 2027. La suite logique d’une année 2026 entamée avec un vent de face et qui a vu la France enregistrer la plus mauvaise performance économique de la zone euro.
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