Macro-économie / Taux / Institut français d'économie / Politique budgétaire / croissance
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Institut français d'économie / Politique budgétaire / croissance
Un alignement des planètes qui plombe la France / L’institut français d’économie table sur une croissance au ralenti en 2027
Un exercice de projection de plus en plus ardu à mener. Les économistes de l’institut français d’économie (IFE) doivent se dépêtrer avec un grand nombre d’hypothèses pour livrer leurs vues pour l’économie tricolore. Néanmoins quel que soit le bout par lequel on prenne le problème, tant l’énergie, que l’inflation ou encore la consolidation budgétaire amputent tour à tour la croissance du PIB français. Le différentiel entre le chiffre spontané de 1,4 % pour 2026 et 2027 et les 0,4 % et 0,5 % respectivement attendus est saisissant.
Un précieux exercice de décomposition a été mené afin d’étayer ce constat d’un « bilan des différents chocs [qui] est nettement négatif. » On comprend rapidement que ce sont tant la scène intérieure que la scène extérieure qui en sont responsables. Lorsqu’il est question de la flambée des prix des hydrocarbures ces derniers mois, il est expliqué que celle-ci « amputerait la croissance française de 0,2 point de PIB en 2026 et de 0,3 point en 2027. » Un raisonnement effectué dans le cadre du scénario central de l’IFE, lequel évoque un choc énergétique qui serait marqué jusqu’à la fin 2026. Le cours du baril s’établirait alors en moyenne à 95 dollars au cours des six derniers mois de l’année avant de revenir à 80 dollars entre avril et juin 2027 puis 65 dollars à la fin de l’année prochaine. L’impact sur le PIB pourrait même aller jusqu’à - 0,6 point en 2027 dans un scénario d’escalade, où l’enlisement du conflit pousserait les prix à plus de 100 dollars tout au long de l’année 2027.
Deux faces
La politique budgétaire est loin d’améliorer la situation, puisqu’à elle seule elle conduirait à « réduire l’activité de 0,4 point de PIB en 2026 et en 2027 sous l’effet de la consolidation. » Le cadre de réflexion a intégré les mesures contenues dans le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2027. Celui-ci fait état d’une « impulsion budgétaire primaire [qui] serait de −0,8 point de PIB en 2027. » L’analyse détaillée du PLF conduit l’IFE à arguer que « le multiplicateur budgétaire moyen serait de 0,6 en 2027. » Impossible cependant de ne pas évoquer le coût de l’incertitude politique, qui ne cesse d’être présente depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, puisque l’augmentation de cette dernière réduirait la croissance de près de 0,2 point de PIB cette année et de 0,1 point en 2027.
Un coût loin d’être indolore étant donné qu’il « amputerait le PIB de 0,8 point sur la période 2024-2027. » Entre -0,1 et -0,2 point de PIB de perte de croissance supplémentaire sont possibles en cas de remontée de cet indicateur à ses plus hauts historiques. Un scénario à éviter d’autant plus que la politique monétaire a changé de camp : en raison de la hausse concomitante des taux courts et des taux longs, elle est devenue un frein à la croissance et cela devrait devenir de plus en plus vrai. De quoi avoir un impact négatif dès 2027 et de l’ordre de 0,1 point de PIB.
Mauvaises surprises
Des phénomènes au long cours, auxquels se sont ajoutées de mauvaises surprises ces derniers mois, à l’instar de celles liées aux canicules et aux sécheresses. Qu’elles aient trait à la production agricole ou aux perturbations des chaînes de production et d’approvisionnement, elles formeraient un cocktail susceptible de réduire la croissance française de 0,2 point de PIB en 2026.
Difficile de voir quel moteur prendrait le relais, alors que la consommation privée enregistrait une croissance positive mais pour le moins réduite (0,3 % en 2026 et 0,4 % en 2027), sous l’effet combiné de la contraction du pouvoir d’achat et de l’investissement en logement. Le son de cloche n’est guère davantage positif pour l’investissement des entreprises. Celui-ci souffre simultanément d’une augmentation du coût du capital et de tensions sur les capacités de production. D’autant plus que l’IFE rappelle qu’il sera demandé un effort conséquent au service public au cours du prochain exercice budgétaire, ce qui se traduit par un chiffre de 5 milliards d’euros en 2027 et ce pour les seules collectivités locales. De quoi cantonner la croissance de la consommation publique à 1 % l’an prochain. La contribution du commerce extérieur semble un des seuls vents porteurs pour la croissance dans l’immédiat.
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