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Une industrie française qui manque de souffle / La croissance française compte pourtant largement sur elle
Pas de quoi améliorer les prévisions de croissance. L’industrie tricolore montre des signes inquiétants à en croire Charlotte de Montpellier, économiste chez ING. Celle-ci explique discerner une forme d’essoufflement imputable notamment à un « recul généralisé de la production manufacturière ». À rebours de la dynamique récente selon laquelle l’industrie tirait parti simultanément d’une « demande extérieure dynamique et d’une orientation sectorielle très favorable ».
Les dernières données vont en effet dans un autre sens : la production manufacturière s’est ainsi repliée de 1 % en mai, ce qui tranche avec la hausse de 0,6 % enregistrée pour avril et s’applique à toutes les branches. La plus grande inquiétude concerne la production automobile, dont le repli de 4,7 % en mai s’inscrit dans une dynamique annuelle similaire – 7,2 % en glissement annuel. Une mauvaise nouvelle qui s’inscrit dans un contexte morose au niveau européen. Tous les maux ne sont pas attribuables pour autant à ce seul secteur, puisque l’économiste rapporte que « la production industrielle a également reculé en mai dans la fabrication d’équipements électriques, électroniques et informatiques (-2,3 % après + 1,4 % en avril), dans la fabrication des autres produits industriels (métallurgie, chimie, pharmacie : -0,4 % après + 0,1 %) ainsi que dans les industries agroalimentaires (-0,3 % après une stabilité en avril) ».
Avenir
En ce qui concerne les mois à venir, il demeure anticipé par Charlotte de Montpellier une forme de surperformance de l’industrie par rapport aux services. Bien que le différentiel soit moins grand qu’en début d’année. Ce ralentissement va logiquement avoir des conséquences en termes de croissance, elle souligne particulièrement que « les perspectives pour le secteur des services et la demande intérieure restent très faibles, malgré la baisse du prix du pétrole, en raison de la faible confiance des ménages, de l’affaiblissement du marché du travail et des discussions autour d’une politique budgétaire plus restrictive à l’avenir ».
Les perspectives de croissance du PIB en 2026 en sont logiquement affectées et attendues comme « très modérées ». Chez ING, on maintient une prévision de croissance de l’ordre de 0,4 % cette année, ainsi qu’une accélération à 0,9 % en 2027. Il faut dire que certains facteurs favorables à l’industrie hexagonale vont peu à peu disparaître si l’embrasement du Moyen-Orient disparaît durablement ; les concurrents asiatiques contraints de réduire leur production face à ce choc en sont un exemple. Tout n’est pas noir pour autant, l’économiste voit se poursuivre la « forte demande dans l’aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5 % de l’industrie française orientés vers l’armement ».
Tête froide
Le temps long est également à privilégier à l'instantanéité des statistiques mensuelles, à l’instar des chiffres associés à la production d’avions et de bateaux. Ces derniers étant par nature très volatils en raison de la taille conséquente des biens produits. Ce qui fait dire à l’experte que « même si la fabrication de ces matériels de transport a diminué de 2 % en mai, elle reste en hausse de plus de 20 % en glissement annuel ».
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