Solvay : Jean-Pierre Clamadieu lance une vaste réorganisation
D’ici à la fin de l’année, Solvay devrait s’être trouvé un nouveau patron. En attendant, l’actuel CEO ne chôme pas. Dans le cadre de son recentrage autour des clients et des activités à haute valeur ajoutée, le groupe belge a annoncé ce jeudi « un projet de simplification de son organisation », lequel va impacter l’emploi. La société s’attaque à deux grands pans : d’un côté, la recherche et l’innovation, de l’autre les fonctions support. En revanche, la partie production ne sera pas touchée par cette réorganisation.
Dans le détail, Solvay veut une remise à plat des tâches bureaucratiques. Ce sont donc les fonctions support qui vont le plus pâtir de la réorganisation puisque la plupart des 600 suppressions nettes d’emplois présentées aujourd’hui les concerne. Le pays touché en priorité est la France (160 postes), suivi du Portugal (90) et du Brésil (80). « Le turnover naturel, les départs volontaires et le reclassement interne devraient permettre d'atténuer cet impact », précise le groupe.
De l’autre côté, Solvay veut mettre l’accent sur la recherche et l’innovation. Pour ce faire, la société souhaite faire de Lyon et Bruxelles des pôles d’excellence. Là encore, l’impact sur l’emploi est important. Solvay prévoit le déménagement de ses activités d'Aubervilliers et de Paris vers les deux villes. Ce qui va impliquer le transfert de 500 collaborateurs sur quatre ans. Ce sont donc surtout des cadres qui seront concernés par les propositions de délocalisation. Solvay indique vouloir accompagner ces derniers afin qu’ils acceptent de changer de lieu de vie.
Le choix des deux hub n’est pas anodin puisque Lyon est la ville de Rhône-Poulenc, ancêtre de Rhodia absorbé par Solvay en 2011. En outre, la région abrite « la vallée de la chimie ». D'où l'intérêt pour le groupe d'en faire « un centre de chimie avancée de classe mondiale ». Quant à Bruxelles, Solvay projette d'y élargir ses capacités de recherche et d'innovation en science des matériaux avancés dans le cadre d'un projet de rénovation complet de son siège social. Pour sa part, le site d’Aubervilliers est historiquement rattaché à Rhodia. Jean-Pierre Clamadieu connaît bien tout ce passé, puisqu’il a justement dirigé Rhodia, avant de prendre la tête de Solvay en 2012.
L’impact financier de ces changements n’est pas encore communiqué. Une indication des conséquences sur la performance financière de Solvay sur les trois prochaines années sera présentée lors des résultats du premier trimestre, poursuit le groupe. En 2017, le bénéfice net du chimiste a progressé à 939 millions d'euros (+11%). Quant au chiffre d'affaires, il s'est également accru, pour atteindre 10,125 milliards d'euros (+5,8%).
Le groupe a débuté aujourd'hui les procédures d'information consultation des représentants des salariés, qui devraient s'achever fin juin. Pour sa part, le patron partira en ayant lancé le chantier organisationnel et social. Le groupe se cherche en effet un nouveau CEO, Jean-Pierre Clamadieu étant nommé en mai prochain à la présidence d’Engie. Solvay souhaite que la passation se fasse d’ici à la fin 2018.
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