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délais; retard; incertitude

Macro-économie / Taux / Coface / Donald Trump / Entreprise / TPE-PME

Macro-économie / Taux
Coface / Donald Trump / Entreprise / TPE-PME

Une grande partie des entreprises françaises est déjà pénalisée par les droits de douane / Pas de quoi améliorer la situation d’un tissu économique fragilisé

Une dégradation de l’activité anticipée en 2026 par les entreprises françaises et ce que ce soit au niveau national ou international. L’enquête 2025 sur les comportements de paiement en France publiée ce jeudi par Coface voit en effet les tensions géopolitiques et l’environnement politico-social occuper une place de choix dans les préoccupations des firmes françaises. Une publication qui révèle que ce sont déjà 84 % des entreprises qui sont directement affectées par la hausse des droits de douane américains.
Port français. Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Port français. Photo by Mathieu Thomasset / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un contexte international dont se seraient bien passées les entreprises françaises. Les choix de Donald Trump ont des conséquences très concrètes à en croire Coface, l’assureur-crédit expliquant que, parmi les firmes qui en subissent déjà l’impact - 84 % de celles interrogées - ce n’est pas moins d’un quart qui a dû se résoudre à réduire ses marges alors que ses coûts de production progressaient. Elles sont également près de 20 % à tabler sur une baisse de leurs volumes d’export vers le marché américain.

Tous les secteurs ne sont bien entendus pas logés à la même enseigne et les experts de Coface constatent que ce sont les "métaux, de l’automobile, du transport et de la chimie [qui] sont particulièrement touchés". Menée en juillet, l’enquête révèle que seulement 16 % des entreprises n’étaient pas pénalisées par les droits de douane américains. De quoi pousser les entreprises à chercher de nouveaux débouchés et à réallouer leurs flux d’exportations. Pas de quoi empêcher cependant que près de 40 % des chefs d’entreprise s’attendent à une baisse de leur activité l’an prochain.

 

Prendre son mal en patience

 

Tous les signaux ne sont pas pour autant aisés à interpréter notamment la généralisation (97 % ) du recours aux délais de paiements, Bruno de Moura Fernandes, directeur de la recherche macroéconomique chez Coface, partageait ainsi ce matin " une prévision de croissance (pour la France ndlr) assez conservatrice et en dessous du potentiel ". L’économiste nous confiant que "le motif d’espoirs, il est peut-être dans l’industrie où il y a un début de frémissement. Notamment grâce aux carnets de commandes qui se remplissent ".

Les nuages noirs n’ont pas disparu pour autant de l’horizon loin de là, les retards de paiements sont ainsi jugés critique pour leur trésorerie par pas moins de 55 % des TPE. L’économiste nous expliquant que ce chiffre est d’autant plus inquiétant que "bien que cette vulnérabilité décroît avec la taille des entreprises, elle reste élevée et se détériore". Pas de miracle à attendre en ce qui concerne les défaillances, où l’expert de chez Coface partage son "impression que ça se stabilise à des niveaux élevés. Comme c’est le cas dans d’autres pays européens ".

 

Pivoter

 

Les habitudes changeront peut-être avec cette passe difficile économiquement, en tout cas c’est que semble croire Frédéric Orillard, directeur régional Mid-Market France, Belgique et Suisse à Coface, celui-ci expliquant que sont uniquement 10 % des TPE et PME qui utilisent l’assurance crédit pour l’heure. Alors même que des solutions adaptées à leurs besoins se sont développées ces dernières années. Ce n’est pas le seul changement possible, interrogé sur la capacité des entreprises françaises à réallouer des investissements gelés et ce notamment aux États-Unis, Bruno de Moura Fernandes explique "qu’on peut penser que oui, elles (les entreprises françaises ndlr) n’ont pas de limite pour les faire ou même en France ".

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