François Pérol chez Rothschild, Laurent Mignon à la tête de BPCE : les annonces n'ont pas tardé
Autant la surprise a été grande, autant les annonces qui ont suivies ont été rapides, la preuve que le jeu de chaises musicales avait été préparé. Après l’annonce tonitruante de la démission de François Pérol de son poste de président du directoire de BPCE hier soir, on sait donc ce matin que c’est bel et bien Laurent Mignon, son dauphin présumé, qui le remplace à compter du 1er juin et que François Pérol retourne chez l’une de ses précédentes maisons, Rothschild & Co pour devenir managing partner de l’entité de gestion et co-chaiman avec Robert Leitao du comité exécutif du groupe à partir du 1er septembre.
De quoi rebattre les cartes de l’univers bancaire français. Après avoir mené un travail de titan pour redresser la barre d’un établissement malmené par la crise et par un jeu de pouvoir interne très difficile à gérer, François Pérol, vraisemblablement fatigué, cède donc le flambeau avec un très beau bilan. Natixis, très malade il y a dix ans, est devenue l’une des banques les plus dynamiques du moment. Quant aux différentes entités du groupe, elles sont en ordre de bataille pour relever les défis qui les attendent à commencer par la révolution du digital.
C’est donc avec l’impression du devoir accompli que l’énarque a voulu mettre un point final à cette expérience. Non sans avoir eu des moments difficiles, notamment lors de l’épisode de sa mise en examen pour prise illégale d’intérêts, période dont il est sorti blanchi par la justice il y a deux ans. C’est d’ailleurs à ce moment là que plusieurs pistes avaient été élaborées pour organiser une éventuelle succession à François Pérol. Deux noms avaient alors émergé : celui de Laurent Mignon mais aussi d’Olivier Klein, le patron de la BRED.
Avec Laurent Mignon à la barre de BPCE, l’établissement bancaire semble bien loti. Car si l’on en croit un influent banquier londonien, cet ancien associé gérant d’Oddo et directeur général des AGF, diplômé de HEC et du Stanford Executive Program, est -avec Jean-Pierre Mustier- le meilleur banquier de sa génération. Il n’y a qu’à voir, en effet, d’où vient Natixis pour s’en convaincre : lorsque Laurent Mignon est arrivé en 2009, la banque venait de dégager 2,8 milliards d’euros de pertes et était attaquée en justice pour publication de comptes inexacts. Aujourd’hui, la banque se porte à merveille, noue de nombreux partenariats et s’apprête à proposer ses produits d’assurance-vie en interne à la place de CNP Assurances, soit une énorme manne de profit en perspective.
Quant à François Pérol, il va pouvoir enrichir la maison Rothschild de ses précieux conseils à la lumière de tout ce qu’il a vécu chez BPCE sans subir une pression aussi forte. Ces derniers mois, il avait tout particulièrement concentré son intérêt sur la fantastique révolution qu’était en train de vivre son secteur avec l’émergence de l’intelligence artificielle, de la data et de la digitalisation. Raison pour laquelle il avait fait venir un cador de la question, Yves Tyrode. Il y a fort à parier qu’il va tout autant s’ingénier à mettre en musique ces nouveaux paramètres dès l'automne prochain.
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