Bonne gouvernance : Legrand ajoute les rémunérations à son tableau
Legrand cumule les bons points en matière de gouvernance. Le groupe a dissocié le 8 février les fonctions de président et de directeur général afin que chacun puisse se consacrer pleinement à sa tâche. La mise en place d'un DG de 44 ans permet aussi d'asseoir la relève. La société avait profité du communiqué de l'époque pour annoncer des évolutions de dirigeants pour l'année 2019, donnant ainsi de la visibilité sur son organigramme. Elle a depuis aussi indiqué que trois administrateurs, piliers du conseil d'administration, s'en allaient. Mouvements qui ont permis de faire entrer du sang neuf au board. A noter que ce dernier est composé de 56% de femmes (neuf membres, cinq femmes, plus un administrateur représentant des salariés) et de 78% d'administrateurs indépendants, à l'issue de l'assemblée générale d'hier. L'AG a également été l'occasion de faire un point sur les rémunérations, et là encore, Legrand fait bien les choses.
Gilles Schnepp a souhaité renoncer à une partie de sa rémunération variable au titre de 2017 "afin de geler celle-ci au niveau de 2016, soit 535.000 euros" au lieu de 677.500 euros, précise le document de référence. Il a donc perçu au titre de l'an passé : un fixe de 625.000 euros, un variable annuel de 535.000 euros ainsi que 668.381 euros d'actions de performance, soit un total de 1,828 million d'euros. L'administratrice référente, Angeles Garcia-Poveda, a également indiqué que le président avait tiré un trait sur sa rémunération de PDG au titre de 2018, c'est-à-dire du 1er janvier au 7 février de cette année.
A quoi peut-on attribuer ces gestes ? Les résultats de Legrand ont pourtant étaient bons en 2017 et au premier trimestre 2018. Par ailleurs, l'an dernier les rémunérations (2016 ex post et 2017 ex ante) du patron ont été votées à une large majorité (99% et 98% respectivement). C'est le contexte de marché peu porteur à l'époque, qui aurait pesé dans la balance. En tout cas, les actionnaires ont bien accueilli la fiche de paie 2017 puisqu'elle a été validée à hauteur de 99%.
Combien Gilles Schnepp va-t-il désormais gagner ? Au titre de président, l'homme touchera "seulement" une rémunération fixe annuelle de 625.000 euros (pas de variable, d'exceptionnel ni de jetons de présence). Une somme qui a été fixée au regard du rôle clef qu'il incarne, de son expérience, de ses compétences ainsi qu'après analyse de ce qui se pratique au sein du CAC 40, a précisé Angeles Garcia-Poveda. En moyenne, un président non-exécutif du CAC 40 perçoit 600.000 euros. Le renouvellement du mandat de Gilles Schnepp au conseil d'administration a reçu 97% de "oui" et sa nouvelle rémunération 99%.
Son successeur au poste de directeur général a, quant à lui, une rémunération totale fixe de 2,8 millions d'euros, qui ferait partie - selon l'administratrice référente - des 25% de rémunérations du CAC 40 les moins élevées. Le fixe de Benoît Coquart atteint les 700.000 euros, ce qui le ferait rentrer dans les 10% de salaires les moins importants de l'indice phare parisien. Mais ce qui est un montant supérieur à celui de son prédécesseur. Enfin, son variable annuel peut atteindre entre 0 et 150% de son fixe et sa rémunération long terme entre 0% et 300%. L'idée étant de lier une bonne partie des émoluments du dirigeant à la performance financière et extra-financière de la société, a argué Angeles Garcia-Poveda. Il n'est pas prévu de régime de retraite ou d'indemnités de départ pour Benoît Coquart. La rémunération de ce dernier pour l'année a été validée par 94% des actionnaires.
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