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En plein krach, le fonds d'Abu Dhabi nomme un responsable private equity

Le fonds souverain de l’émirat, dont 90% des revenus proviennent du pétrole, a nommé un nouveau responsable de son équipe private equity. Le poste était vacant depuis deux ans. La preuve que le fonds a besoin à tout prix de renforcer sa stratégie d’investissement, dans un contexte très secoué sur les marchés.
Abu
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Selon un communiqué laconique paru sur le site du fonds souverain d’Abu Dhabi, ADIA, celui-ci vient de nommer un ancien de General Electric à la tête de son équipe private equity. Après avoir été CEO de GE en Thaïlande au début de sa carrière puis responsable de GE private equity, Sherwood Dodge, un américain de 55 ans, était depuis deux ans et demi président directeur général de Hyundai Capital Service, issu de la joint venture entre General Electric et le constructeur automobile sud coréen.

Le poste au sein d’ADIA était resté vacant depuis le départ en 2013 d’un autre américain, James Kestler. La décision de le remplacer ce mois-ci, en plein effondrement des prix du pétrole, n’est peut être pas anodine : le fonds de l’Emirat, deuxième plus gros investisseur souverain au monde avec plus de 773 milliards de dollars d’actifs sous gestion, selon des chiffres du Sovereign Wealth Fund Institute de juin 2015, devra ajuster sa stratégie de placement cette année, alors que les prix du pétrole sont passés de 100 dollars le baril de Brent il y a un an et demi à 30 dollars en ce début d’année. Les soubresauts des marchés boursiers depuis deux semaines, sur fond de craintes de ralentissement chinois, ne devraient pas non plus faciliter la tâche des gérants d'ADIA. Le private equity, qui représente selon l'indice sur lequel se basent les investissements d'ADIA, entre 3% et 8% de son portefeuille, pourrait donc être une stratégie à développer cette année pour le fonds souverain. 

L’Emirat, dont 90% des revenus proviennent du pétrole, a annoncé un déficit de 98 milliards de dollars pour 2015, son troisième déficit seulement depuis 2002 et s'est rendu à deux reprises sur les marchés l'an dernier pour émettre de la dette et combler ses moindres recettes en or noir. Certains redoutent par conséquent que les puissants investisseurs du Golfe ne commencent à retirer leurs billes des marchés, pénalisés par le krach pétrolier. En novembre dernier, la fermeture du bureau de Londres d’ADIA, après vingt ans de présence dans la capitale britannique, avait fait courir des rumeurs quant à la nécessité pour le fonds de réaliser des économies. Selon une étude de Morgan Stanley publiée en novembre pourtant, l’heure ne serait pas encore venue pour ces fonds souverains pétroliers de désinvestir en masse. Ils n’auraient ainsi retiré que 100 milliards de dollars placés auprès de gérants d’actifs entre mars et septembre 2015. 

Mais le pétrole a depuis continué de s’effondrer depuis, et les analystes de certaines banques prédisent désormais un baril à 20 dollars. Selon Reuters, un prix moyen de 56 dollars le baril conduirait les pays membres du Conseil de coopération du Golfe persique à «liquider» l’équivalent de 208 milliards de dollars d’actifs 2016. Un montant qui pourrait même s’élever à 494 milliards de dollars si le prix moyen du baril devait chuter à 20 dollars, comme l’a suggéré Goldman Sachs dans une étude. De quoi inquiéter les entreprises occidentales dans lesquelles ils sont investis. Pour mémoire, le fonds souverain d'Abu Dhabi détient des participations dans Vivendi, Total ou encore Citigroup.


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