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Sur les marchés

Le marché de l’or londonien attise les convoitises

En réponse aux exigences réglementaires sur les risques et les chambres de compensation, le marché de Londres va devoir se réorganiser. Avec un volume annuel de 5 000 milliards de dollars traités, le marché physique de l’or s’ouvre donc à la concurrence dans les négociations.
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L’or physique reste l’un des marchés les plus actifs mais aussi le plus discret qui soit. En bonne matière première de refuge, les échanges au niveau mondial ont de quoi faire tourner la tête à plus d’un puisqu’ils atteignent presque les 11 000 milliards de dollars. Sur cet échiquier mondial, Londres accapare 46,3% du total, suivi par New York (42%), Shanghai (5,1%), Mumbai (2,8%) et Tokyo (2,7%). A elle seule donc, la place de Londres négocie pas moins de 5 000 milliards de dollars par an via le London Bullion Market Association (LBMA). Preuve du dynamisme de ce marché, le LBMA a rapporté en octobre dernier, un volume moyen par jour à 18,6 milliards d’once, soit près de 23,5 milliards de dollars. Un marché qui attise les convoitises du côté des spécialistes des matières premières comme Chicago Mercantile Exchange Group (CME), Intercontinental Exchange (ICE) ou encore le London Metal Exchange (LME) souvent adossés à des grandes banques comme Goldman Sachs, JPMorgan Chase et HSBC. Alors que le LBMA est en train de se réorganiser, sa particularité étant la négociation de gré à gré, en coulisse c’est une guerre de pouvoir qui se joue. En effet, tous les protagonistes se préparent à entrer en jeu l’an prochain et proposer des nouvelles façons de traiter le métal précieux. A terme l’objectif de tout ce petit monde est de récupérer la mise et d’emporter le marché. « Il y a quatre mariés et nous allons devoir apprendre à danser avec chacun d’entre eux, car nous ne savons pas qui restera marié à la fin », plaisante auprès de Bloomberg, Adrien Biondi, le responsable des métaux précieux de Commerzbank au Luxembourg. « Un seul gagnera », prédit-il.

Car contrairement à tous les marchés réglementés, le marché des OTC sur les métaux est une négociation de gré à gré, entre acheteurs et vendeurs qui portent le risque de contrepartie, sans intervention de chambre de compensation. Or, depuis la crise financière, tous les marchés ont revu leur manière de fonctionner et de gérer le risque avec un contrôle accru des régulateurs. C’est notamment vrai pour les négociations entre contreparties, après la découverte en 2012 des manipulations de cours sur le Libor et Euribor entre grandes banques. Cela a donc entraîné une modification des échanges de l’or sur le LBMA, qui cherche à rendre les transactions plus transparentes et plus sécurisées pour les investisseurs. Associée avec plusieurs banques dont HSBC et JPMorgan Chase, la place de marché introduira dès le milieu de l’année prochaine des reportings de transactions pour ses membres et des nouvelles plateformes de négociations.

Parallèlement, les marchés de métaux concurrents, réfléchissent quant à eux à lancer des nouveaux produits dérivés sur métaux précieux s’appuyant sur des chambres de compensation. Le LME, le plus grand marché sur les métaux précieux, prévoit d’offrir des contrats à terme sur l’or et l’argent compensés et ce dès le premier semestre 2017. D’autres métaux comme le platine et le palladium pourraient suivre. Le LME bénéficie de l’appui des banques comme Goldman Sachs, Société Générale, ICBC Standard Bank et même du World Gold Council. Du côté du ICE, qui détient des marchés financiers et de matières premières, une première série d’enchères a été lancée sur le marché de l’or londonien au nom de LBMA parmi les 13 participants autorisés à enchérir. La société américaine a déclaré en octobre dernier souhaiter lancer son propre contrat en février prochain et qui pourrait impliquer les lingots traités à Londres et ceux traités à New York. Enfin, le dernier en lice pour prendre une part du gâteau de l’or est le marché des matières premières de Chicago, qui est le plus gros marché à terme. Il s’est ainsi déclaré en novembre et devrait lancer des contrats à terme sur l’or et l’argent dès le 9 janvier prochain, offrant des spreads entre les prix spots et les indices futures américains. Et pour Tony Dobra, directeur général du plus gros raffineur d’or anglais « le bon vieux marché anglais de l’or OTC gardera le cap jusqu’à ce qu’il y ait un consensus qui s’installe entre les différents acteurs », prévoyant une période de transition de 5 ans environ sur ce marché tant convoité.

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