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Indépendance de l’audit : Ernst & Young épinglé
Les conflits d'intérêts n'épargnent pas les cabinets d'audit. Ernst & Young a accepté de payer 4,07 millions de dollars pour avoir failli à son obligation d’indépendance en faisant du lobbying politique aux USA pour le compte de deux entreprises dont elle certifiait les comptes. L’accord a été annoncé lundi par le gendarme boursier américain, la SEC.
Si le deal stipule que ces faits sont reprochés à la filiale washingtonienne d’EY, WCEY (Washington Counsel EY), il ne mentionne en revanche pas le nom des deux sociétés concernées. « L’indépendance des auditeurs est cruciale pour l’intégrité de la communication financière, a expliqué Scott Friestad, directeur adjoint de la Division exécution de la SEC. Quand un auditeur agit comme un avocat pour ses clients (…) l’indépendance est compromise ». Le document indique que le lobby a eu cours entre 2000, date à laquelle Ernst a acquis Washington Counsel, et 2009.
Le régulateur a relevé cinq grands manquements. La SEC reproche notamment au cabinet des envois de courriers ainsi que des rencontres destinées à insérer dans un projet de loi des « éléments de langage » favorables à ces entreprises ou à « faire échec » à des textes législatifs qui les desserviraient.
Dans un communiqué, John La Place, porte-parole d’EY, a déclaré que « l’indépendance de l’auditeur est d’une importance capitale » pour la firme. Cette dernière a d’ailleurs décidé volontairement de cesser d’effectuer des activités de lobbying pour des clients audités en 2012.
Cette condamnation fait suite à des révélations de Reuters en 2012, qui avait indiqué que l’entité lobby d’EY avait été engagée par plusieurs clients audités. Parmi ces sociétés figuraient notamment Amgen, CVS Caremark et Verizon Communications.
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