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Les centres commerciaux réclament des réformes
« En matière d’environnement fiscal et réglementaire, on cumule le pire des deux mondes anglo-saxons et latins. On en crève et ce n’est plus supportable !», lance Antoine Frey, le patron de la foncière au nom éponyme et tout nouveau président du Conseil national des centres commerciaux (CNCC, à ne pas confondre avec la CNCC, Compagnie nationale des commissaires aux comptes). C’est d’ailleurs dans le but de sensibiliser les pouvoirs publics, initier un mouvement de simplification des contraintes légales et rationaliser le parc français, qu’il a décidé de prendre son bâton de pèlerin afin d’éclairer toutes les parties prenantes sur les enjeux et les besoins de ce vaste secteur, qui représente pas moins de 5% du PIB français.
Face à un parc de centres commerciaux vieillissants (sur les 800 centres dénombrés, ils ont en moyenne 30 ans d’âge), il est effectivement impératif que ces entités soient capables de se rénover et surtout d’innover à l’heure d’Internet. « Un centre commercial, c’est une salle de spectacle qu’il faut faire vivre et évoluer rapidement », lance Antoine Frey.
Mais les projets de création/rénovation prennent actuellement un temps fou (il faut compter en moyenne 10 à 15 ans…), alors que 40% d’entre eux ne voient jamais le jour, instaurant un risque non négligeable pour les investisseurs. D’où la volonté du CNCC de prôner une série de réformes, dans le but, principalement, de supprimer les procédures encombrant inutilement les services administratifs. Il propose ainsi de créer un permis séquencé pour permettre de déposer en deux temps un permis de construire complet ; d’exonérer les promoteurs d’autorisation d’exploitation commerciale dans les périmètres de « zones commerciales prioritaires » et surtout, de limiter les effets dilatoires des recours. « Ce qu’il faut aussi, c’est favoriser l’investissement privé pour financer des projets en zone urbaine », ajoute le patron du CNCC.
Selon Antoine Frey, l’ensemble de ces propositions permettrait de gagner jusqu’à sept ans dans la conduite d’un projet et représenterait, par rapport à la moyenne de production du secteur sur les cinq dernières années : 16,4 milliards d’euros d’investissement, 725.000 emplois et 14 milliards d’euros de fiscalité. De doux chiffres qui ne devraient pas laisser de marbre les pouvoirs publics, à l’affût pour remplir les caisses.
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