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Régulation / Concurrence / Régulation / Politique européenne

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Le Brexit ne remettra pas en cause l'intégration financière de la zone euro

Telle est la conclusion de Standard and Poor's dans une note publiée aujourd'hui sur le sujet. Selon l'agence, malgré les difficiles négociations sur le Brexit, la Commission devrait continuer d'avancer sur le projet d'union des marchés de capitaux. 
Union bancaire - illustration
Union bancaire - illustration

Les négociations sur le Brexit en sont toujours au point mort, plus de six mois après le déclenchement officiel de l'article 50 du traité de Lisbonne. Et la crédibilité de Theresa May est de plus en plus remise en cause, après un discours désastreux lors du congrès annuel du Parti conservateur, où elle était venue pour affermir sa position. Malgré un contexte délicat et très prenant pour l'UE ces prochains mois donc, Bruxelles devrait continuer d'avancer sur ses projets phares, et en particulier sur la poursuite de l'intégration financière de la zone euro. C'est en tout cas l'avis de S&P qui a publié aujourd'hui une note sur le sujet : selon l'agence de notation, l'UE va bénéficier d'un contexte macro très porteur, grâce à la politique monétaire menée par la BCE et des réformes structurelles mises en place dans les principaux Etats de la zone (même si l'Italie et la France doivent encore faire leurs preuves). "Nous estimons que les banques devraient profiter de ce retournement de conjoncture positif en zone euro", avance l'agence, alors que la BCE va de son côté entamer le resserrement monétaire, également favorable aux banques. 

Si le chantier de l'union bancaire, entamé en 2012, est encore loin d'être achevé, le travail a tout de même bien avancé en 5 ans : ainsi, le premier pilier, consistant en l'instauration d'un mécanisme de supervision unique, chapeauté par la BCE, est opérationnel sur certains sujets. Il a déjà réalisé plusieurs stress tests et des revues biannuelles de la qualité des actifs bancaires, ce qui lui a permis d'asseoir sa crédibilité. Il lui reste cependant encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir réellement mettre fin au cercle vicieux qui existe entre les banques et les dettes d'Etats.

A ce titre, l'UE devra absolument avancer sur le troisième pilier de l'union bancaire, concernant la création d'un système européen d'assurance des dépôts et du fonds de résolution unique, estime S&P. Or l'agence considère que ces deux dossiers ne devraient pas beaucoup progresser à moyen terme, alors que l'approche réglementaire demeure encore très fragmentée, et que les banques restent fragiles. "De nombreuses banques d'importance systémique ne sont pas encore totalement solvables, étant encore en train de consolider leurs coussins de liquidité, ce qui est une condition préalable à tout projet de résolution bancaire européen", affirme S&P. Sachant que la constitution de coussin de capitaux n'est qu'un aspect de la consolidation bancaire ; il faudra aussi une résolution concernant les réserves de liquidités de établissements, les réserves nécessaires pour la capacité d'absorption des pertes... Par ailleurs, les législateurs doivent encore avancer sur certaines propositions réalisées dans le cadre des directives CRD V et CRR II, afin d'avoir des standards unifiés en matière de besoins en capitaux des banques. 

Enfin, l'union des marchés de capitaux a encore du chemin à parcourir pour aboutir, même si la sortie du Royaume-Uni devrait faciliter les discussions et négociations, estime S&P. Le projet prévoit d'élargir les sources de financement de l'économie européenne et notamment de donner plus de poids aux assureurs, ce qui selon l'agence, pourrait avoir un impact sur leur notation. Mais il est encore trop tôt pour que S&P se fasse un avis définitif sur la question. Quoi qu'il en soit, cette volonté de l'UE de solidifier son intégration financière va dans le sens d'une consolidation positive pour le secteur bancaire, poursuit l'agence. Qui souligne que la proportion de grandes banques européennes dont le rating est assorti d'un outlook positif est désormais plus importante que dans les autres régions du monde.


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