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IPO : Slack peut-il raviver la flamme ?

Le service de messagerie professionnelle, qui va entrer via cotation directe à la Bourse de New York, pourrait être valorisé 17 milliards de dollars. Mais après les échecs d’Uber et Lyft, l’appétit des investisseurs pour une nouvelle licorne en pertes sera clé pour l’avenir des IPO aux US.
Stewart Butterfield, Slack
Stewart Butterfield, Slack

Slack va-t-il réconcilier les investisseurs avec les licornes techs, ou va-t-il au contraire donner lieu à une période de vache maigre des IPO tech américaines ? C’est tout l’enjeu de l’IPO du service de messagerie professionnelle, qui a programmé une entrée en Bourse par cotation directe, c’est-à-dire sans levée de fonds, le 20 juin prochain. Le groupe cofondé en 2014 par Stewart Butterfield a connu une croissance fulgurante, mais à l’instar de nombreuses start-up, a aussi creusé ses pertes : selon les documents oubliés auprès de la SEC mercredi, elle devrait avoir enregistré 139 millions de dollars de revenus au premier trimestre (clôturé à fin avril), pour 39 millions de dollars de perte opérationnelle. Car comme ses pairs, Slack a financé cette croissance avec d’importants frais de marketing et ventes, puisque ses coûts opérationnels ont grimpé de 66 % à 233 millions de dollars l’an passé. Un chiffre d’affaires qui lui-même s’essouffle dans la mesure où la hausse ne devrait atteindre que 14 % au deuxième trimestre, contre 67 % lors des trois mois précédents.

Les chiffres du trafic de Slack sont très prometteurs : 10 millions de personnes – dont 50.000 utilisateurs payants - passent en moyenne plus de 50 millions d’heures sur la plateforme en une semaine, selon Stewart Butterfield. Par ailleurs, la moitié de ses utilisateurs sont situés aux États-Unis, ce qui signifie que la jeune pousse a encore d’immenses opportunités à l’international, sur un créneau où son seul vrai concurrent n’est autre que Microsoft.

L’IPO de Slack pourrait donc connaître deux types de destinées : soit elle navigue sur l’appétit actuel des investisseurs pour les IPO d’outils de communication professionnelle, comme en a témoigné Zoom. Ce service de vidéoconférences via le cloud est entré discrètement en Bourse en avril dernier et son cours a depuis quasiment triplé, à plus de 28 milliards de dollars.

Mais à la différence de Slack, Zoom était déjà rentable lorsqu’il a frappé à la porte de la Bourse de New York. Toute la question reste donc de savoir si les investisseurs accepteront de valoriser le nouveau venu à 17 milliards de dollars, soit 2,4 fois les 7,1 milliards de dollars accordés lors de son dernier tour de table, il y a à peine dix mois. Dans le cas d’Uber et Lyft, les investisseurs ont ainsi été échaudés à accorder une prime importante par rapport à la dernière levée de fonds alors que les intéressés brûlaient toujours autant d’argent, et n’avaient pas fixé de date pour atteindre le point mort.

Une IPO de cette ampleur doit attirer des acheteurs, que ce soit des fonds tech qui croient encore à la création de valeur ou des particuliers pour qui le prix ne soit pas rédhibitoire. La mise à prix sera encore une fois essentielle, et déterminera l’avenir des licornes qui, à l’instar de Wework ou Airbnb, caressent l’espoir aussi d’entrer en Bourse.

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