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Le capital investissement sur un petit nuage
Le capital investissement, une idée à creuser ? C’est clairement l’actif le plus plébiscité du moment, à en juger par les chiffres semestriels publiés ce matin par l’Afic (Association française des investissements pour la croissance). Sur les six premiers mois de l’année, pas moins de de 8,1 milliards d’euros ont été levés et seront ainsi injectés dans des entreprises françaises d’ici à cinq ans : 6,4 milliards d’euros ont réellement été investis dans près de 1.200 entreprises. Si l’on regarde le profil des souscripteurs, il est intéressant de noter la forte poussée des fonds de fonds soucieux d’investir dans le non coté (avec 2 milliards), mais aussi du secteur public (1,35 milliard), grâce à l’appui de Bpifrance. De même, les personnes physiques et family offices ont-ils accru leur poids (avec 1,16 milliard).
Si le capital transmission demeure toujours en tête des sous-segments choisis par les souscripteurs (avec un total de 3,3 milliards d’euros), on remarque son recul par rapport au 1er semestre 2016 (4,3 milliards d’euros) et ce, au profit du capital développement (avec une nette hausse des intentions d’investissement à 3,01 milliards contre 1,3 milliard sur la même période de 2016), mais aussi du capital innovation, passé de 527 millions d’euros d’intentions à 1,8 milliard au terme du premier semestre 2017.
Plus que jamais, le capital investissement se veut le partenaire -des start-up aux ETI- susceptible de les faire grossir dans la durée. « Nous ne sommes pas ici dans le pari mais la co-construction », explique Olivier Millet, le patron de l’Afic depuis 2016 et par ailleurs patron d’Eurazeo PME. Malgré le succès croissant de cette classe d’actifs auprès de tous les investisseurs et de la flambée des prix constatée sur bon nombre d’entreprises, le numéro un de l’Afic ne voit pas de raison de se montrer inquiet. Il n’anticipe en effet aucun risque systémique, les sociétés acquises même à un prix élevé pouvant être conservées dans les portefeuilles en attendant de voir l’investissement se valoriser au final. Les statistiques sont d’ailleurs là pour le prouver : les rendements offerts par le capital investissement sont en moyenne deux fois supérieurs à ceux des sociétés cotées et bien plus réguliers.
Reste à faire évoluer quelques contraintes réglementaires au niveau de l’assurance-vie (en matière de liquidité surtout) pour permettre aux assureurs d’investir plus massivement dans le non coté. Il est à noter enfin que ce sont surtout les fonds d’une taille relativement importante de 200 millions à 1 milliard d’euros qui ont réussi à lever de l’argent sur les 6 premiers mois de l’année (avec 4 milliards souscrits contre 1,6 milliard sur la première partie de l’an passé et 13 fonds contre 5).
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