Une décision de l'ONU pour couper les vivres de Daech
Si le ministre des Finances français, Michel Sapin, a pris les devants pour s’attaquer à l’épineuse question du financement de Daesh suite aux attentats du 13 novembre, il reste conscient que seule une action internationale coordonnée peut être efficace. A la demande de la France, ses partenaires ont donc répondu présents et pour la première fois dans l’histoire ce sont les ministres des Finances des 15 Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU qui se réunissent aujourd’hui. Le texte technique de 28 pages sur lequel ils vont se pencher demande aux pays « d’agir de manière énergique et décisive pour couper les fonds et autres ressources économiques de l’EI ». Le patrimoine de Daesh, évalué à 2 260 milliards d’euros et son budget 2015 à 2,6 milliards d’euros par les experts, affole les pays membres du Conseil de sécurité qui pressentent l’urgence de l’action.
La résolution qui devrait être adoptée repose sur un texte antérieur qui créait il y a quinze ans un Comité à l’ONU pour geler les avoirs financiers des groupes liés à Al-Qaïda. Les ministres des Finances vont nécessairement l’étendre ce soir à l’Etat islamique dans le but de lui couper les vivres. Chaque pays sera censé rendre dans un délai de quatre mois un rapport sur les mesures prises pour appliquer cette résolution. La mission de surveillance reviendra au Groupe d’Action Financière (Gafi), un organisme intergouvernemental dont le siège est à Paris et qui est chargé de lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
La France, frappée directement sur son territoire n’a pas attendu cette impulsion pour s’y atteler. Le 4 décembre dernier, Michel Sapin, annonçait un arrêté « de gel des avoirs pour une durée de six mois » à l’encontre d’un proche de la mosquée de Lagny-sur-Marne et de trois associations. A l’occasion de ce déplacement, Michel Sapin doit également s’entretenir avec le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Jacob Lew. Cette entrevue a pour objectif de développer l’échange d’informations sur les mouvements mondiaux de fonds comme le précise le ministre des Finances français : "Nous avons besoin d'améliorer encore, d'accélérer, d'approfondir ces échanges d'informations, tout particulièrement à partir d'un réseau que les Américains ont la capacité d'analyser, qu'on appelle SWIFT, qui résume sur l'ensemble de la planète les mouvements de fonds, les mouvements bancaires dont peuvent bénéficier telle ou telle personne".
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