Nestlé : objectifs confirmés malgré la polémique indienne
Les résultats semestriels publiés ce matin par le géant alimentaire Nestlé sont mitigés. En effet, le groupe suisse fait état de données en légère baisse par rapport à l’année passée. Le chiffre d’affaires de 39,38 milliards d’euros affiche un tassement de 0,3% et le bénéfice net une contraction de 2,5%.
Outre l’impact négatif des taux de change sur les ventes de Nestlé à hauteur de 5,8%, le groupe doit faire face aux mêmes déconvenues économiques que ses concurrents. Il doit s’accommoder du ralentissement de la demande sur des marchés anciennement très dynamiques comme la Chine ou le Brésil et conjuguer avec l’attentisme temporaire du marché européen.
Néanmoins, d’autres difficultés lui sont propres. C’est le cas de la réticence du marché nord-américain vis-à-vis de certains de ses produits surgelés. Mais c’est surtout le cas de la récente polémique indienne. En effet, Nestlé s’est vu obligé de retirer de la vente les sachets de nouilles instantanées Maggi après la publication de tests sanitaires pointant une quantité excessive de plomb dans ces produits. Les conséquences économiques ne se sont pas faites attendre puisque le chiffre d’affaires du second trimestre en Inde affiche une baisse de 20%. Le gouvernement indien est allé jusqu’à porter plainte contre la filiale indienne de Nestlé en réclamant près de 90 millions d’euros de dommages et intérêts pour le compte des consommateurs.
Toutefois, ce matin même, la Haute Cour de Bombay, qui considère que cette interdiction est pour l’instant injustifiée, s’est prononcée en faveur du groupe Nestlé. L’entreprise suisse va pouvoir travailler au retour de son produit sur le marché si les nouveaux tests ordonnés par la justice aux autorités sanitaires indiennes sont concluants.
Cette bonne nouvelle, concomitante à la publication des résultats semestriels, permet au PDG de la société, Paul Bulcke, de se montrer confiant : « les résultats sont conformes aux attentes du groupe aussi bien au travers des catégories que des zones géographiques, solides même dans des circonstances difficiles, et cohérents avec notre forte performance sur la durée ». Malgré le léger fléchissement des résultats, le groupe n’a en effet rien à envier à la concurrence et cette inflexion ne remet pas en cause les objectifs à long terme du géant alimentaire suisse. Le management confirme donc viser cette année une croissance organique autour de 5%. D’ailleurs, cet indicateur, étalon privilégié de mesure des performances du groupe, a atteint 4,5% au premier semestre 2015, au-delà des attentes du consensus de 4,2%.
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