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Sur les marchés
L'investissement durable : entre mythe et réalité
Alors qu’en 1970, les experts du club de Rome dressaient un constat alarmant sur la surexploitation des ressources et prônait la croissance zéro dans un rapport intitulé « Halte à la croissance », de nouvelles stratégies ont vu le jour pour allier soutenabilité mais aussi performance économique et financière. Les encours comptabilisés sous la bannière de l’investissement responsable s’élevaient en 2015 à 746 milliards d’euros en France. Soit l’ensemble des gestions qui intègrent des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG).
La soutenabilité d’un investissement est communément établie grâce à des facteurs normalement bien définis comme la mesure de la consommation énergétique, la production de déchets ou de pollution. Le social inclut le capital humain, la participation des employés et la capacité à innover, tout comme la gestion de la chaîne logistique ou des droits de l’Homme. Une bonne gouvernance induit la supervision des entreprises par leurs conseils d’administration et leurs investisseurs. En fait, les agences se fondant sur les données ESG réalisent un processus de filtrage en trois étapes : l’éviction des sociétés de l’industrie du tabac, de l’alcool ou des armes, l’attribution d’une note pour chaque sous facteur E (environnement), S (social) et G (gouvernance), et enfin un critère lié à l’aptitude des sociétés à maintenir leurs engagements de manière durable.
L’étude d’ETF Securities a testé l’impact des critères ESG sur la performance des actions de 2007 à aujourd’hui : les deux indices MSCI World et MSCI World ESG se chevauchent sur l’ensemble de la période, autrement dit les IDR ont une performance moyenne équivalente au reste du marché depuis 2007. L’étude va toutefois au-delà de cette comparaison en désagrégeant les actions par le poids des lettres E, S ou G, de façon à évaluer si un critère est dominant et expliquerait une surperformance financière particulière. A risque identique, c’est le critère environnemental qui apporte un rendement supérieur de 1%.
D’autres stratégies de mesure ont été mises en place pour évaluer le rendement des IDR par rapport à des investissements sans critères ESG et à risque identique. C’est notamment le cas de Standard & Poor’s qui a comparé le S&P 500 à des stratégies financières soutenables, dont l’une combine toutes les autres stratégies. Il ressort de cette expérience que les seules stratégies qui augmentent le rendement de l’action sont celle de la multi-stratégie et celle qui exclut d’investir dans les sociétés qui détiennent des réserves de combustibles fossiles.
La rentabilité des investissements durables et soutenables se distingue donc très faiblement du reste du marché, et comme le dit ETF Securities : « La réalisation de performances exceptionnelles moyennant une exposition aux sociétés jouissant de notes ESG élevées est une fiction ». Le choix d’un IDR relève donc davantage d’un pari sur l’avenir ou d'une stratégie visant à moraliser l'investissement.
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