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Sur les marchés / Rachats d'actions / dividendes / Apple / Janus Henderson

Sur les marchés
Rachats d'actions / dividendes / Apple / Janus Henderson

Les rachats d’actions proches d’égaler les dividendes dans le monde / Leur essor pourrait ralentir, notamment outre-Atlantique

Les rachats d’actions dans le monde ont atteint de nouveaux records en 2022. La pratique, traditionnellement très répandue aux Etats-Unis n’a cessé de s’accélérer au cours des dernières années, jouant un rôle de plus en plus important dans l’évolution des marchés actions. Le fort renchérissement du coût du capital pourrait néanmoins venir freiner la tendance.
A lui seul, Apple a racheté pour 89 milliards de dollars d'actions en 2022 - Stanislav Kogiku / SOPA Image
A lui seul, Apple a racheté pour 89 milliards de dollars d'actions en 2022 - Stanislav Kogiku / SOPA Image

Les rachats d’actions vont-ils bientôt supplanter les dividendes comme outil privilégié des entreprises pour rémunérer leurs actionnaires ? La question se pose alors qu’ils ont atteint dans le monde le montant record de 1 310 milliards de dollars (1 200 milliards d’euros) l’an dernier, indique le nouveau supplément spécial de l’indice Janus Henderson Global Dividend. Soit quasiment autant que les 1 390 milliards de dollars de dividendes versés par ces mêmes entreprises en 2022.

La logique de chaque outil n’est pas la même. Le dividende correspond à une part des bénéfices de l’entreprise directement versée aux actionnaires. Le rachat d’actions profite lui à l’actionnaire du fait que la valeur de l’entreprise se trouve divisée par un nombre d’actions plus faible. La valeur de chaque action augmente mécaniquement, traduisant un effet dit "relutif", effet qui se retrouve aussi sur le bénéfice par action qui augmente de la même façon.

Dans ce domaine, le rôle de locomotive est joué depuis longtemps par l’Amérique du Nord, où la balance penche déjà depuis belle lurette en faveur des rachats d’actions. Ils y représentaient 102 % des dividendes en 2012, contre seulement 52 % à l’échelle mondiale à l’époque. Dix ans plus tard, en 2022, le chiffre a grimpé à 94 % au niveau mondial et atteint 158 % en Amérique du Nord. D’ailleurs, "la hausse la plus spectaculaire a été enregistrée en 2018, principalement en raison de l’intensification des programmes de rachat d’actions par les sociétés technologiques américaines", souligne Janus Henderson.

 

Apple représente 7 % des rachats d’actions mondiaux

 

De fait, alors que ni Meta, propriétaire de Facebook, ni Alphabet, propriétaire de Google, ne verse de dividendes, toutes deux sont des acheteurs réguliers de leurs propres actions. Apple, bien sûr, est l’un des plus gros acheteurs de ses propres actions dans le monde, avec une valeur impressionnante de 89 milliards de dollars pour l’exercice 2022, soit près de 7 % du total mondial. Il est ainsi symptomatique de constater que parmi les dix plus gros acheteurs de leurs propres actions, un seul d’entre eux, la major pétrolière britannique Shell, n’était pas américain.

A côté de la prépondérance des grandes sociétés technologiques américaines, le secteur pétrolier est de loin celui qui a le plus contribué à la croissance en 2022 : les entreprises pétrolières ont racheté pour 135 milliards de dollars de leurs propres actions, un montant plus de quatre fois supérieur à celui de 2021. La quasi-totalité des liquidités du secteur pétrolier a été déboursée par des entreprises d’Amérique du Nord, du Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, d’Europe. Chevron, notamment, a annoncé un plan de rachat de 75 milliards de dollars, soit l’équivalent de 20 % de sa capitalisation boursière. De quoi faire relativiser le rachat l’an dernier par le français TotalEnergies de 5,35 % de son capital pour un peu plus de 7,5 milliards d’euros.

 

L’Amérique du Nord atteint les 1 000 milliards de dollars

 

A elles-seules, les entreprises américaines ont racheté près de 1 000 milliards de dollars de leurs propres actions l’année dernière. Ce qui a stimulé les bénéfices par actions et soutenu le marché boursier. Et ce, bien que l’environnement outre Atlantique soit devenu moins propice à cette pratique. En raison d’une part de la nouvelle taxe de 1 % sur les rachats d’actions introduite par l’administration Biden.

Mais également parce que le coût global du capital s’est considérablement renchéri sous l’effet du resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine. "Lorsque les entreprises pouvaient obtenir des financements à un coût quasiment nul, elles étaient fortement incitées à s’endetter pour racheter des actions, car cela représentait une immense valeur ajoutée", explique Ben Lofthouse, le responsable de l’équipe Global Equity Income chez Janus Henderson.

Or, si pour les entreprises qui génèrent d’énormes quantités de liquidités, comme Apple ou Alphabet, ce facteur n’est pas déterminant, "pour d’autres, en particulier aux États-Unis, qui ont eu recours à l’emprunt pour financer les rachats, les calculs seront désormais établis avec beaucoup plus de finesse", observe-t-il.

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