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Macro-économie / Taux / salaires / France / Inflation

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France : des budgets dédiés aux augmentations de salaires inédits en 2023 / Légère tendance à la baisse pour l’an prochain

Cette année, les augmentations médianes du salaire de base devraient être de 4,6 % pour les OETAM (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise) et de 4 % pour les cadres, soit respectivement 1,5 point et 2,1 points de pourcentage de plus qu’en 2022, d’après Deloitte, qui anticipe un ralentissement de cette croissance en 2024.
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

En France, les entreprises ne lésinent pas sur les augmentations de salaires. D’après son étude annuelle sur les rémunérations, Deloitte avance que 96 % des entreprises ont versé des budgets d’augmentation supérieurs à 2 % pour 2023. Les chiffres examinés par le cabinet de conseil proviennent d’un panel de 300 entreprises et de plus d’un million de données individuelles de rémunération au sein des principaux secteurs d’activité. Ils nous apprennent que les budgets d’augmentations versées atteignent des niveaux inédits.

Tout comme en 2022, la hausse des augmentations versées a des causes multiples : envolée des prix à la consommation, revalorisations successives du SMIC (il a progressé de 2,2 % depuis le début de l’année), et difficultés de recrutement (50 % des entreprises sont concernées d’après la Banque de France) et de rétention. Dans le détail, les budgets médians des augmentations du salaire de base ont été de 4,6 % pour les OETAM (ouvriers, employés, techniciens, agents de maîtrise) - contre 3,1 % en 2022 - et de 4 % (contre 1,9 % l'année dernière) pour les cadres. “Cela représente une forte hausse par rapport à l’année 2022 qui marquait la reprise après les gels salariaux constatés en 2021”, explique Deloitte. Les entreprises ont privilégié des augmentations mixtes (générales et individuelles) pour 66 % des OETAM (versus 61 % en 2022) et 54 % des cadres (versus 34 % en 2022).

En outre, là encore dans la continuité de l’an passé, “nous constatons à nouveau une hausse du nombre de bénéficiaires de la part variable, avec des montants médians supérieurs pour les OETAM alors qu’ils sont en baisse et proches des niveaux pré-Covid-19 pour les cadres”, souligne Deloitte. En complément des fortes évolutions du salaire de base, les OETAM ont été plus nombreux à bénéficier d’une part variable en 2023 (71 % en 2023 et 62 % en 2022) avec des montants en hausse par rapport à ceux constatés en 2022 ainsi qu’avant 2019. En ce qui concerne les cadres, un léger regain du nombre de bénéficiaires (85 % en 2023 et 83 % en 2022) est observé, avec des montants inférieurs à ceux de 2022 et se rapprochant à ceux d’avant 2019.

Tant et si bien qu’au global, en prenant en compte les budgets d’augmentation du salaire de base et les versements effectifs de la part variable, mais aussi de l’épargne salariale, la rémunération totale médiane pour les OETAM devrait s’élever à 7 % (contre 3,7 % en 2022) et de 3 % pour les cadres, ce qui reste comparable avec l’évolution constatée en 2022. "Les attentes étaient fortes depuis de nombreux mois et les hausses observées de packages cette année permettent de souligner les efforts importants réalisés par les entreprises en faveur des salaires les plus bas et par là même, de leurs collaborateurs les plus touchés par l’inflation notamment aux niveaux alimentaire et énergétique", analyse Franck Chéron, associé "Capital Humain" chez Deloitte.

Notamment du fait du ralentissement attendu de l’inflation, les prévisions d’augmentation sont revues légèrement à la baisse pour 2024, afin d’atteindre 4 % pour les OETAM et 3,5 % pour les cadres.

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