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Le Japon, prochain black swan selon la Société Générale
Albert Edwards, l'un des stratégistes les plus connus de la Société Générale outre-Manche, s'est livré au jeu des prédictions pour l'année boursière qui commence, lors d'une présentation macro hier à Londres. Alors qu'en 2016, les investisseurs étaient plutôt pessimistes quant aux perspectives sur les marchés, 2017 a été pour eux une excellente année et leur exposition aux actions est proche des niveaux records, a souligné l'analyste en guise d'introduction. "Non seulement les valorisations sont au sommet, mais le degré de confiance des investisseurs l'est également", a affirmé Albert Edwards. Un niveau proche de celui qui a précédé le krach de 1987 avertit le diplômé de Bristol, qui estime que le prochain risque pourrait venir non du resserrement de la Fed ou de la zone euro, mais d'un pays trop peu pris en compte par les investisseurs : le Japon.
"Les choses pourraient-elles aller si bien au Japon que la Banque centrale resserre sa politique beaucoup plus tôt que prévu, à un moment où les investisseurs pensent que la faiblesse du yen ne prendra jamais fin et le Japon pourrait-il être le principal déclencheur de perturbation sur les marchés?" s'est-il interrogé.
L'économie du Japon, a-t-il rappelé, s'est elle aussi sensiblement améliorée ces derniers mois, même si les journaux financiers ont surtout souligné l'embellie européenne et l'accélération américaine. Si l'inflation reste basse dans le pays nippon, les anticipations des consommateurs sont en forte hausse et soulignent que le Japon est sorti de déflation. Le vieillissement de la population et le succès de la politique de Shinzo Abe pour accroître la part des femmes au sein la population active employée, ont entraîné des conditions très serrées sur le marché du travail. Ce qui signifie que les salaires des japonais devraient finir par augmenter. Une progression des salaires, combinée à un degré de confiance des ménages déjà très élevé, devraient donc booster la consommation, qui pourrait soutenir la croissance du pays au-delà des 2% atteints au troisième trimestre de l'an dernier, estime Albert Edwards.
Selon le stratégiste, l'amélioration rapide de la conjoncture japonaise et la probable reprise de l'inflation devraient inciter le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, à resserrer sa politique monétaire. Ce qui prendrait les marchés de court et entraînerait un fort mouvement d'opérations de carry trade (les données de la CFTC soulignent de très fortes positions courtes sur le yen). "Si les investisseurs cherchent d'où pourrait venir la prochaine surprise, susceptible de mettre un terme à la flambée des marchés, le Japon pourrait être candidat", conclut le stratégiste.
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