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Temps partiel; temps complet; Europe

Macro-économie / Taux / Rexecode / heures travaillées / marché du travail / France

Macro-économie / Taux
Rexecode / heures travaillées / marché du travail / France

Un temps de travail hexagonal bien singulier en Europe / La France pourrait voir son économie bénéficier d'une convergence en la matière

La question de l’emploi est toujours aussi importante en France, que ce soit sur le plan politique ou économique. Rexecode argue, chiffres à l’appui, que l’Hexagone dispose de plusieurs leviers pour améliorer de façon significative le nombre d’actifs en emploi et par effet domino verrait l’ensemble de l’économie en bénéficier. Pour l’heure ce n’est pas uniquement le temps de travail des personnes en emploi qui est en cause mais également le fait qu’ils sont une portion de la population bien plus ténue qu’ailleurs.
Agence d'intérim en France. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Agence d'intérim en France. Photo by Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Un paradoxe très français. Nos concitoyens seraient moins nombreux à travailler que nos voisins européens mais ils travailleraient davantage en moyenne. Ce constat affirmé par les équipes de Rexecode, dans le cadre de leur comparaison européenne annuelle de la durée effective du travail, leur laisse à penser que la situation hexagonale est loin d’être gravée dans le marbre. Un mantra anime cette étude, celui qu’une "hausse de la quantité d’heures travaillées dans l’économie s’accompagne d’un surcroît de richesses produites, et avec elles, de revenus d’activité et de recettes fiscales supplémentaires".

Les équipes du centre de recherche macroéconomique incitent en revanche à actionner tous les leviers possibles à cette fin, il est avancé pour cela deux raisons principales d’une part un enjeu important pour le niveau de vie des Français et de l’autre il l’érige en priorité pour les finances publiques hexagonales. La recherche d’un surcroît de travail pourrait certes "s’accompagner d’une baisse de la productivité de sorte que le gain en termes de richesse produite additionnelle serait un peu moindre " que certains ordres de grandeur évoqués, il n’en demeure pas moins que l’étude statue que " le gain pour l’économie resterait considérable ".

 

Temps et volonté

 

Les spécificités de la France apparaissent très rapidement dans l’argumentaire de Rexecode ; il s’avère en effet que les Français sont moins nombreux à travailler que la moyenne européenne - le taux d’emploi y est de 68 % contre 70 % sur le continent, l’Allemagne surclassant l’Hexagone avec un chiffre de 77 %- et il est avancé que "la France compterait environ 2,3 millions d’emplois en plus si elle égalisait les meilleurs élèves européens du taux d’emploi".

Pour autant ce n’est pas une sinécure de modifier en profondeur le marché de l’emploi hexagonal, le différentiel avec le reste de l’Europe ne se formant pas tant sur les actifs employés à temps complet – qui sont eux dans la moyenne européenne – mais davantage sur le temps partiel. Nos concitoyens sont bien moins nombreux à choisir volontairement de s’y tourner et là où c’est 31 % de la population en âge de travailler qui pose ce choix aux Pays-Bas, 21 % en Allemagne, là où pour la France cela représente uniquement 8 % de la population en âge de travailler.

Les préconisations produites sont de jouer tant sur le nombre d’emploi par statut, que sur le temps de travail de chacun d’entre eux afin de voir la France "augmenter sa quantité de travail de 2 % pour égaliser celle des Pays-Bas, 7 % pour la Suède (qui est à la moyenne européenne) et 9 % pour l’Allemagne". La situation semble de fait déjà changer puisqu’il est avancé que certes "les salariés à temps complet travaillent moins d’heures effectives en France que dans la plupart des pays européens, mais [que] l’écart s’est réduit en 2023".

 

Particularité

 

La France n’a décidément pas son pareil, parmi les constats pour le moins étonnants on trouve un décalage entre des tensions sur le marché du travail qui s’estompent et le nombre de personnes à temps partiel déclarant ne pas avoir réussi à trouver un temps plein. Cette proportion est de 24 % dans l’Hexagone, contre 6 % en Allemagne ou encore 2 % aux Pays-Bas.

Une autre spécificité française dont une disparition partielle ou totale pourrait aider à fournir un surcroît de travail s’avère être un taux d’emploi des 65-69 ans loin d’être le plus important d’Europe. Uniquement 10,6 % de cette classe d’âge est en emploi dans l’Hexagone contre 20,5 % en Allemagne ou encore 22 % au Portugal. Rexecode estime que "compte tenu de la taille de la population sur cette tranche d’âge, cela représente un gisement d’emplois compris entre 400 000 personnes et 600 000 personnes".

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