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Renault aborde son défi électrique en pleine accélération / L’année 2025 sera cruciale
Il y avait un double enjeu dans les chiffres commerciaux publiés jeudi par Renault pour l’ensemble de l’année 2024. La question était d’abord de savoir si l’offensive produit du groupe dirigé par Luca de Meo porte ses fruits. La réponse est affirmative. Car bien que la croissance de ses ventes mondiales ait ralenti à 1,3% en 2024, comparée à la hausse de 9% de l’année précédente, cette progression constitue une performance notable, surtout en tenant compte du recul de 4,9% enregistré au troisième trimestre.
De fait, le quatrième trimestre a marqué un fort rebond et une accélération. Tandis que les ventes des trois derniers mois de l’année se sont élevées à 627 600 unités, en croissance de 6% en glissement annuel, décembre s’est terminé avec un total de 239 500 unités, soit 12% de progression. Les dix lancements de nouveaux véhicules réalisés l’an dernier ont donc eu un impact significatif.
La Sandero en vedette
C’est particulièrement vrai en Europe, où le groupe a progressé deux fois plus que le marché, avec des ventes en hausse de 3,5%. Fort de 1 599 051 véhicules vendus sur le Vieux Continent, Renault figure sur le podium des constructeurs automobiles, la Dacia Sandero se payant le luxe d’être la plus vendue tous canaux confondus. Une performance rassurante sur le plan commercial, qui augure bien de l’évolution de la rentabilité, les ventes aux clients particuliers ayant représenté 63% du total, la part des segments C et supérieurs (ceux qui génèrent les plus fortes marges) s'élevant à 30%.
L’autre interrogation portait sur le rythme de l’électrification des ventes. Une question importante étant donné que la norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy) durcie en 2025 oblige désormais les constructeurs à commercialiser une gamme de véhicules ne dépassant par 95 grammes de CO2 par kilomètre (g/km), un niveau inférieur à celui émis par une simple citadine hybride. La proportion des véhicules électriques (qui émettent 0 g/km de CO2) dans les ventes de chaque constructeur devient donc cruciale, sachant que tout retard par rapport à ce seuil, coûte 95 euros par gramme de CO2 excédentaire et par véhicule vendu.
Pipeline électrique étoffé
Pour rester dans les clous, il est estimé que la part de marché des voitures électriques dans la gamme de chaque constructeur doit se situer, au minimum à 20%, voire plutôt à 25%. Sur ce point, le défi reste de taille. Certes, Renault Group poursuit son offensive d’électrification, avec 34,7 % de ventes dites "électrifiées" (y compris hybrides) en Europe, soit une hausse de 4,3 points par rapport à 2023. Mais la proportion de véhicules purement électriques ne représente que 9% des ventes du groupe à ce stade. Parmi les constructeurs, Renault et Volkswagen se trouvent d'ailleurs dans la situation la plus délicate pour respecter la nouvelle norme CAFE, leurs parts de véhicules électriques étant encore loin des objectifs fixés.
Toutefois, le pipeline du groupe français en matière de véhicules électriques à batterie dans les segments à volume élevé "est plus étoffé que celui de Volkswagen", notent les analystes d’UBS. Renault a prévu de lancer sept nouveaux véhicules en 2025 pour soutenir l'offensive d'électrification en Europe et gagner des parts de marché dans ses régions clés. Et le quatrième trimestre a montré que le mix pouvait rapidement progresser. Les véhicules électriques ont représenté 12% des ventes de Renault au quatrième trimestre, "soit près de 5 points de plus que la performance des neuf premiers mois de l'année", note Oddo BHF. En particulier, 13% des ventes de la marque Renault étaient électriques le mois dernier, tirées par la Renault 5 E-Tech qui a été la voiture électrique la plus vendue en novembre et décembre France.
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