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France : le FMI révise à la baisse sa prévision de croissance / Et s’inquiète d’une divergence durable entre l’Europe et les Etats-Unis
En apparence, les nouvelles perspectives économiques du Fonds monétaire international (FMI) ne recèlent rien de notable. En apparence seulement. Par rapport à ses projections d'octobre dernier, l’institution de Washington a révisé à la hausse de 0,1 point sa prévision de progression du Produit intérieur brut (PIB) mondial pour 2025 (3,3 %) et laissé inchangée celle pour 2026 (3,3 %).
Son diagnostic concernant deux des principales économies avancées que sont la zone euro et les Etats-Unis a davantage évolué. En effet, la croissance cumulée des pays possédant la monnaie unique au cours des deux prochaines années ne devrait atteindre que 2,4 % contre 2,7 % auparavant. Dans le détail, la croissance française est révisée à la baisse de 0,3 point pour 2025 (0,8 %, contre 0,9 % selon le gouvernement de François Bayrou) et de 0,2 point pour 2026 (1,1 %). Celle de l’Allemagne est ajustée à la baisse de 0,5 point pour 2025 (0,3 %) et de 0,3 point pour 2026 (1,1 %).
Du côté de l’Oncle Sam, le Fonds s’attend à une augmentation de 2,7 % de son PIB en 2025, puis de 2,1 % l’an prochain, soit des révisions à la hausse de respectivement 0,5 et 0,1 point. "La demande sous-jacente reste robuste, reflétant des effets de richesse importants, une politique monétaire moins restrictive et des conditions financières favorables", a justifié l’organisation internationale.
Son chef économiste, Pierre-Olivier Gourinchas, estime que l’écart de performance entre la zone euro et les Etats-Unis pourrait ne pas être que cyclique. "La divergence entre les États-Unis et l’Europe est davantage due à des facteurs structurels, et le décalage persistera si l’on n’y remédie pas", a insisté le Français.
Il y voit le reflet d’une croissance de la productivité américaine toujours plus forte, en particulier mais pas exclusivement dans le secteur technologique, liée à un environnement commercial plus favorable et à des marchés de capitaux plus profonds. "Au fil du temps, cela se traduit par des rendements plus élevés sur les investissements américains, une augmentation des flux de capitaux entrants, un dollar plus fort et un niveau de vie américain qui s’éloigne de celui des autres économies avancées", anticipe-t-il.
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