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Macro-économie / Taux / IA / productivité / fmi

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IA / productivité / fmi

L’impact de l’intelligence artificielle sur l’économie continue à diviser / Entre bouleversement soudain et transition progressive

Deux camps bien distincts existent à en croire Era Dabla-Norris, directrice adjointe au département des affaires fiscales du FMI, cette dernière expliquant que les économistes « traditionnels » considèrent l’irruption de l’intelligence artificielle (IA) dans l’économie comme allant se faire petit à petit. Là où ceux adhérant au « consensus de San Francisco » sont plus à même de penser que les cinq prochaines années vont bien plus remodeler l’économie que le demi-siècle qui vient de s’écouler.
Era Dabla-Norris, directrice adjointe au département des affaires fiscales du FMI. Photo par OLIVER CONTRERAS / AFP
Era Dabla-Norris, directrice adjointe au département des affaires fiscales du FMI. Photo par OLIVER CONTRERAS / AFP

Des travaux pratiques pour le moins instructifs. Era Dabla-Norris, directrice adjointe au département des affaires fiscales du FMI, vient de partager ces derniers jours les conclusions tirées d’un atelier sur les implications économiques et financières mondiales de l’IA, organisé conjointement par l’université de Virginie et le Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier partant du postulat que les systèmes d’IA et la robotique « seraient capables d’effectuer la plupart des tâches économiquement utiles d’ici 2030, une date choisie non pas comme une prédiction, mais comme un test de résistance ».

En effet, cet horizon ne fait pas consensus, jugé tantôt trop optimiste par les uns ou bien trop pessimiste par les autres. Autant de croyances qui seront brisées ou confirmées suivant la façon dont les doutes seront levés sur la principale incertitude concernant l’IA. À savoir son adoption effective par l’ensemble des agents économiques. Pour ne rien laisser au hasard, les discussions ont retenu deux scénarios bien éloignés l’un de l’autre.

 

Diverger

 

Le premier ne fait pas que des heureux et catalyse les craintes de certains puisqu’il y est question d’une adoption inégale. Les grandes entreprises et les pôles technologiques intègrent certes l’IA, « mais les petites entreprises, les gouvernements et les économies en développement sont à la traîne ». Au rang des freins à la diffusion on retrouve « les frictions réglementaires, le scepticisme du public et la pénurie de compétences ». De quoi induire une perturbation du marché du travail considérée comme « gérable », conjointement à l’amélioration de la productivité.

L’autre projection suit un rythme bien plus effréné dans lequel l’adoption de l’IA pénètre davantage l’économie. Les effets sont majeurs et « l’automatisation devient omniprésente », impliquant que « les emplois sont remplacés plus rapidement que le marché du travail ne peut s’adapter. Le pouvoir économique se concentre dans quelques entreprises et quelques endroits ». Les systèmes fiscaux sont « mis à rude épreuve par l’érosion de l’assiette fiscale du travail et l’augmentation des demandes sociales » et les Banques centrales ne sont pas épargnées puisque confrontées à une nouvelle dynamique d’inflation - bien que les gains de productivité puissent avoir des effets désinflationnistes - et à une volatilité exacerbée sur les marchés financiers.

 

Outils

 

De nouveaux paradigmes qui impliquent de sortir des réponses traditionnelles, Era Dabla-Norris expliquant qu’il serait souhaitable « d’explorer de nouveaux cadres pour évaluer la demande globale et la dynamique de l’inflation lorsque les indicateurs traditionnels du marché du travail divergent des tendances de productivité induites par l’IA ». La fiscalité n’est pas en reste également puisque l’allocation de la valeur créée par l’IA sera un sujet majeur.

L’experte rappelle qu’aux États-Unis, ce sont près des trois quarts des recettes fiscales fédérales qui sont issues - pour l’heure - des revenus du travail. Dès lors que la part du travail dans la production est moins importante, l’assiette fiscale diminuera logiquement en proportion. Il ne s’agit pas uniquement d’un problème américano centré et elle considère que de « nombreux pays pourraient avoir du mal à taxer les gains générés par l’IA en raison de la mobilité des capitaux et de la concentration des profits de l’IA dans un petit nombre de juridictions ».

 

Azimuts

 

Des considérations qu’elle élargit au domaine réglementaire et financier, dévoilant des réflexions faisant état des considérations face au risque que certains acteurs s’approprient des parts de marché conséquentes. Les recommandations formulées vont d’un renforcement de la capacité de surveillance de l’utilisation de l’effet de levier, à l’étude des formes d’interconnexion découlant des investissements liés à l’IA ou encore des risques de concentration. Les forts niveaux d’endettement associés aux investissements dans l’IA préoccupant les participants à l’atelier.

Les considérations autour du bien-être ne sont pas éludées, tout comme la possibilité de devoir dissocier certains filets de sécurité de l’emploi et ce « en fournissant des prestations de base indépendamment du statut professionnel ». Un choix loin d’être évident dès lors qu’il « réduirait les incitations au travail, ce qui est indésirable aujourd’hui, alors que les économies dépendent des travailleurs humains, mais potentiellement nécessaire dans un avenir où l’IA et les robots effectueront la plupart des tâches économiquement utiles ».

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