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La surprenante position de trésorerie d’Atos / L’enjeu reste le redressement opérationnel
Non, le groupe Atos ne vient pas de découvrir un trésor caché d’un milliard d’euros au détour de sa restructuration financière. A la surprise générale, le groupe informatique a pourtant annoncé mardi une position de trésorerie estimée à 2,19 milliards d'euros au 31 décembre 2024, bien au-delà de la prévision de 1,15 milliard d’euros établie dans le cadre du plan de sauvegarde accéléré de l’entreprise.
Toutefois, cette trésorerie confortable en apparence s'explique largement par des éléments exceptionnels, comme le précise le groupe lui-même. Il s’agit des 240 millions d’euros du produit de la cession de l’activité Worldgrid, des paiements anticipés de clients publics pour 319 millions d’euros, ainsi que de 440 millions d’euros de facilité de crédit renouvelable non tirée. Hors ces éléments, il n’y a pas de révolution, la trésorerie "pure" d’Atos s’établit à 1,19 milliard d’euros, seulement supérieure de 40 millions d’euros à ce qui était prévu.
Si l’on peut se demander pourquoi Atos a demandé aux sociétés sous contrôle de l’Etat d’anticiper le paiement de leurs factures, ce léger surcroît de trésorerie n’est pas totalement anodin. Il faut rappeler que, selon l'accord de restructuration financière d'Atos, sous réserve du maintien d’un solde de trésorerie de 1,1 milliard d’euros, le produit des ventes d’actifs tels que Worldgrid et les activités souveraines françaises sera utilisé pour rembourser la dette réinstallée.
On peut regretter par ailleurs que le montant ne distingue pas les effets d’optimisation du besoin en fonds de roulement (BFR), une pratique à laquelle Atos a souvent eu recours au cours de ces dernières années, du cash lié à l’exploitation.
Pour autant, le plus important à ce stade se situe "du côté des performances opérationnelles, et dans un premier temps des prises de commandes", soulignent les analystes d’Invest Securities. La question étant en particulier de savoir si le groupe désormais dirigé par Philippe Salle "est en mesure de redresser ses résultats et porter son EBITA (avant cession de WorldGrid) de 467 millions d’euros en 2023 à 1,26 milliard d’euros en 2027 comme prévu dans le plan d’affaires présenté en septembre", ajoutent-ils.
Car si par le biais de la restructuration, le groupe n’a pas d’échéance obligataire d’ici 2029, il va devoir démontrer assez rapidement qu'il peut générer de la trésorerie, faute de quoi une pression sur les niveaux de liquidité pourrait se faire sentir dès 2026, expliquait en décembre le cabinet Octo Finances. Un pari qui n'est pas gagné d'avance dans un marché européen des services informatiques qui ne s’annonce pas beaucoup plus dynamique en 2025 qu’en 2024, comme le profit warning lancé en octobre par Capgemini le laisse notamment pressentir.
En ce sens, mettre en avant une situation de trésorerie, solide en apparence, peut aussi s’interpréter comme une manière de rassurer les clients (et fournisseurs).
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