La cession de Synovate bénéfique pour Havas
EXCLUSIF.
Le titre de l'agence de communication est très décoté, alors qu'il devrait profiter d'un scénario de rachat des minoritaires d'Havas par Bolloré, grâce au produit de la cession de la filiale d'Aegis.
Le secteur des agences de communication a subi un électrochoc depuis qu'ont été révélées des discussions entre le britannique Aegis et le français Ipsos, afin de lui vendre sa filiale d'études de marché, Synovate. Ce qui confirmerait le scénario d'une vente d'Aegis Media postérieurement à cette cession.
Une récente note sectorielle brosse un tableau complet de ce secteur, qui rebondit malgré les faiblesses des marchés britannique et espagnol et un ralentissement de la croissance organique de l'américain WPP. L'analyste estime qu'en raison du séisme au Japon (qui ne représente cependant que 1 à 2% des revenus des acteurs du métier) et de la morosité de la reprise économique aux Etats-Unis, le secteur devrait croître à un rythme raisonnable de 3,6% cette année, avec un pic de marché prévu en 2014 ou 2016.
Surtout l'analyste estime qu'Havas, qui est particulièrement sous-valorisé par le marché, pourrait bénéficier d'une offre sur Aegis, une fois la cession de Synovate finalisée. Tout d'abord, le titre est particulièrement peu cher puisqu'il offre la plus forte décote, 20% par rapport à la moyenne du secteur, et n'est valorisé que 7 fois son Ebita 2011.
Par ailleurs, l'analyste considère qu'une offre d'Havas sur les minoritaires d'Aegis est peu probable et constitue clairement un plan B pour Vincent Bolloré. Elle ferait grimper l'endettement à 3 fois l'Ebitda, ce qui paraît trop agressif pour un groupe aux revenus volatils. Si l'homme d'affaires décide en revanche de céder sa participation de 27% dans Aegis, il en tirerait un produit de cession de 630 millions d'euros. Il pourrait donc les utiliser et doubler ce montant en ayant recours à l'endettement sur Havas, qui ne supporte actuellement aucune dette, ce qui ferait grimper la dette à 2,5 fois l'Ebitda. Cela lui permettrait de présenter une offre sur les minoritaires d'Havas allant jusqu'à 4,25 - 4,5 euros par titre, soit une prime de 20% sur le cours actuel.
En raison de ces spéculations, l'analyste estime qu'une décote de 10% sur le titre, qui prenne certes en compte sa surexposition à l'Europe du Sud, son retard dans le numérique et une structure financière peu efficace (il a payé 31 millions d'euros de frais financiers en 2010 pour une dette nette moyenne de seulement 75 millions d'euros), serait plus appropriée pour Havas. Cela représenterait un prix de 4,25 euros par titre, soit un multiple de 8,5 fois l'Ebita 2011 plus justifiable.
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