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La Banque du Japon poursuit sa normalisation monétaire / Croissance et inflation l’y poussent
La Banque du Japon (BOJ) renoue avec les hausses de taux d’intérêt. Sous l’effet d’une accélération sensible de l’inflation, il y a un peu moins d’un an, l’institution de Tokyo avait annoncé la première augmentation de son principal taux directeur, le faisant passer de -0,1 % à 0,1 %, depuis le milieu des années 2000. Elle l’a par la suite relevé une seconde fois à 0,25 % en juillet dernier et en était restée là depuis lors. Ce matin, elle vient de l’ajuster à la hausse de 25 points de base, lui faisant atteindre son plus haut niveau, en termes nominaux, depuis 2008. Une décision qui a été prise à huit contre 1.
"L’activité économique et les prix au Japon ont évolué dans l’ensemble conformément à nos perspectives, et la probabilité de réalisation de ces perspectives a augmenté", a indiqué l’institut d’émission. Dans le détail, l’économie japonaise s’est redressée modérément, même si une certaine faiblesse a été observée en partie. En ce qui concerne les salaires, avec une tendance continue à l’amélioration des bénéfices des entreprises et un sentiment croissant de pénurie de main-d’œuvre, "de nombreuses entreprises ont déclaré qu’elles continueraient à augmenter régulièrement les salaires lors des négociations salariales annuelles de printemps entre les partenaires sociaux, après les solides augmentations salariales de l’année dernière ", a rapporté la BOJ.
Sur le front des prix à la consommation, l’inflation sous-jacente (hors éléments volatils) a augmenté progressivement pour se rapprocher de l’objectif de stabilité des prix de 2 % de la BOJ. "Les salaires continuant d’augmenter, on observe une augmentation des mesures visant à refléter la hausse des coûts, comme l’augmentation des dépenses de personnel et des coûts de distribution, dans les prix de vente", a indiqué la BOJ.
Voilà les raisons qui ont poussé la Banque centrale japonaise à diminuer le degré d’accommodation de sa politique monétaire. "Les taux d’intérêt réels devraient rester nettement négatifs après le changement du taux directeur, et les conditions financières accommodantes continueront de soutenir fermement l’activité économique", explique-t-elle.
A quoi s’attendre pour la suite ? "Cela dépendra de l’évolution de l’activité économique et des prix ainsi que des conditions financières futures, étant donné que les taux d’intérêt réels sont à des niveaux considérablement bas. Si les perspectives d’activité économique et de prix présentées dans le rapport de janvier se réalisent, la Banque continuera en conséquence de relever le taux directeur et d’ajuster le degré d’accommodation monétaire", a prévenu la BOJ.
L’institution dirigée par Kazuo Ueda prévoit une inflation (hors produits frais) de 2,4 % pour l’exercice 2025 et 2 % pour 2026. Du côté du Produit intérieur brut (PIB) en volume, elle estime qu’il devrait progresser de 1,1 % en 2025 et 1 % en 2026. "Nous pensons que la BOJ devrait augmenter à nouveau son taux directeur, à 0,75 %, très probablement en juillet, après confirmation du résultat des négociations salariales de printemps, en particulier pour les petites entreprises", prédit Shigeto Nagai, économiste chez Oxford Economics. "Sans perturbations fortes venant de la politique commerciale américaine, il est très probable qu’au moins une hausse supplémentaire devrait être décidée en 2025, selon nous", anticipe pour sa part Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM.
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