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Le Japon dégaine pour relancer son économie / La Première ministre défend le caractère responsable de son projet
Retour de la croissance et maîtrise de l’inflation. Les objectifs du gouvernement japonais paraissent loin d’être insurmontables à court terme, pour autant il est loin d’être acté que le gouvernement de Sanae Takaichi parviendra à améliorer les problèmes structurels de l’économie. Difficile en effet de dissocier l’annonce de ces mesures de l’action de la Banque du Japon et des obligations d’État japonaises.
La Première ministre se veut quant à elle rassurant expliquant qu’en "favorisant une économie solide et en augmentant le taux de croissance, nous réduirons le ratio dette/PIB, atteindrons la viabilité budgétaire et garantirons la confiance des marchés". Les équipes d’ING ont quant à elles immédiatement révisé leur prévision de croissance pour 2026, les faisant passer de 0,7 % à 1,4 % en glissement annuel. Min Joo Kang, économiste senior Corée du Sud et Japon chez ING, prévient cependant qu’il faudra "surveiller la façon dont le paquet final sera structuré", il n’en reste pas moins convaincu que "compte tenu de la taille considérable du projet de loi, cela stimulera probablement la croissance à court terme".
Choix
Il faut en effet que le projet du gouvernement soit validé par le parlement et les partis d’opposition qui y siègent. Au sein de l’enveloppe de quelque 21 300 milliards de yens, ce ne sont pas moins 11 700 milliards qui seraient pour l’heure consacrés à la lutte contre l’inflation et à l’aide à la garde d’enfants. Construit en partie sous la pression des partis d’oppositions, ce budget fait réagir le marché explique Min Joo Kang ; il constate qu’il y est anticipé pour l’heure l’émission de 7 000 milliards de yens supplémentaires d’obligations d’État japonaises (JGB).
Le gouvernement met la main à la poche pour satisfaire le reste de la scène politique considère l’économiste, ce qui explique l’ampleur du plan de relance qui doit notamment permettre la suppression de la taxe sur l’essence ou le relèvement du seuil d’exonération fiscale. Les calculs effectués par ses soins arguent que "les subventions pour les factures de gaz et d’électricité pour les trois premiers mois de 2026 devraient faire baisser l’indice global d’inflation de 0,7 point de pourcentage en moyenne pendant cette période, tandis que les versements en espèces et les aides destinées à revitaliser l’économie locale/rurale devraient stimuler la croissance du PIB de 1,4 point de pourcentage par an au cours des trois prochaines années ".
Domino
De tels choix ne peuvent pas être indolores et le rendement du JGB à 10 ans est passé en conséquence à près de 1,8 % et ING table sur une hausse à 1,9 % à fin mars 2026 et à 2,0 % à la fin de l’année prochaine. Il est également bien possible que la scène politique locale conditionne la poursuite de la normalisation de la politique monétaire entamée par la Banque du Japon.
Deux scénarios semblent en effet se dessiner d’ici la fin de l’année prochaine pour voir dans chacun la Banque du Japon procéder à une hausse de taux de 50 points de base. Une inflation élevée conjuguée à une reprise rapide de l’économie serait à même d’inciter l’institut d’émission à opérer une poursuite de la normalisation de la politique monétaire dès le mois prochain. Cependant Min Joo Kang expose que la politique pourrait se mêler de la politique monétaire et "reporter l’action jusqu’en janvier prochain – ou au-delà, peut-être jusqu’en mars ou avril, selon les résultats des négociations salariales de printemps". Les prochains chiffres de la production industrielle seront scrutés de près par les observateurs tant ils seront cruciaux pour cet arbitrage
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