Macro-économie / Taux / verdissement / BCE / Politique monétaire
Macro-économie / Taux
verdissement / BCE / Politique monétaire
Le verdissement de la politique monétaire de la BCE gagne des partisans / L’institution doit dévoiler la révision de sa stratégie cette année
Verdir pour durer. C’est le message que porte le manifeste publié par différents chercheurs et experts des banques centrales. Parmi eux on retrouve notamment Wojtek Kalinowski, co-directeur de l’Institut Veblen pour les réformes économiques, lequel considère avec ses paris que les "effets concrets de la feuille de route (climatique de la Banque centrale européenne (BCE) en 2021) sur la politique monétaire restent limités". Il est en effet argué que la révision de la stratégie de politique monétaire de la BCE pourrait servir à "adopter des mesures plus ambitieuses pour permettre une transition ordonnée et juste conformément à l’Accord de Paris, minimisant ainsi les risques pour la stabilité des prix et la stabilité financière".
Des choix à poser considérés comme à la fois urgent et réalisable, étant donné que les conséquences du changement climatique s’aggraveraient d’années en années. Les capacités de financement actuelles demeurant insuffisantes, il serait dès lors du ressort de la BCE de faire son possible pour changer les choses. Parmi le triptyque de suggestions effectuées, on retrouve au premier rang la possibilité pour Francfort "d’introduire des opérations de refinancement vertes (TLTRO) pour offrir des taux de financement préférentiels aux banques qui prêtent à des secteurs durables, notamment les énergies renouvelables".
Protéger
Une telle mesure est avancée comme pouvant à la fois promouvoir l’indépendance énergétique de l’Europe et l’émergence des énergies propres sur son sol. D’un point de vue du calendrier, cette initiative est suggérée comme devant voir le jour avant la fin de l’année et veiller à offrir " un taux d’intérêt réduit nettement inférieur au taux des opérations principales de refinancement". La façon d’identifier les activités éligibles serait de s’aligner sur la taxonomie de l’UE et les secteurs d’activité "qui sont les plus susceptibles d’atténuer la menace de la déflation fossile, en particulier les énergies renouvelables et la rénovation des bâtiments".
Il est bien précisé par les auteurs qu’en aucun cas les futures périodes de contraction ne sont pas un motif de report ou de pause des TLTRO verts. Un tel choix pouvant en effet exposer la zone euro à une inflation plus importante à long terme notamment en provenance des énergies fossiles, l’écosystème des énergies renouvelables étant tout particulièrement exposé aux variations de taux d’intérêt. Un secteur que le manifeste propose de soutenir via une réforme du cadre de collatéral de la BCE et ce "afin d’exclure les actifs à fortes émissions, en particulier ceux des entreprises de combustibles fossiles".
Concentrer
Là aussi une priorisation est conseillée à court et moyen termes, suggérant de s’intéresser aux secteurs avec l’impact environnemental le plus fort. Le développement de l’expertise interne en matière d’évaluation des risques et de l’impact liés au climat et à l’environnement est suggéré concomitamment à l’élaboration "des systèmes de notation interne pour tous les actifs négociables et non négociables qui tiennent compte des risques et de l’impact liés au climat et à l’environnement ". Les changements réglementaires étant à surveiller à double titre pour évaluer le prix des actifs et ce "du point de vue du mandat primaire (risque de transition) et secondaire (alignement sur les politiques de l’UE)".
Dernière suggestion à destination de la BCE, celle d’un alignement tant de ses achats d’actifs que de ses portefeuilles avec les objectifs de transition verte de l’UE. En d’autres termes cela recouvre une "gestion active de son portefeuille de titres pour soutenir les activités durables et le désinvestissement des entreprises qui freinent la transition vers les objectifs climatiques". Les auteurs considèrent qu’au "lieu de laisser tous les titres arriver à maturité, la BCE doit commencer à rééquilibrer son stock en vendant ceux des entreprises qui retardent activement la transition et en les remplaçant par des actifs plus verts". Il est ainsi fait état que "la nécessité de remplacer l’approche par les flux par une approche par les stocks était en fait sur la table de la BCE en 2023, avec le soutien d’Isabel Schnabel, membre du conseil d’administration de la BCE, et de Christine Lagarde, présidente de la BCE, mais n’a jamais été mis en œuvre".
Vitesse supérieure
Pour y parvenir il est suggéré d’avoir recours à un nouveau portefeuille structurel pour soutenir la transition verte et ce dès la fin de 2025. Des critères ou des programmes d’achat ciblés seraient alors envisagés pour soutenir des activités bien précises, tout en veillant à chercher comment rendre plus écologiques les achats d’obligations souveraines et supranationales. Un effort de transparence serait le bienvenu pour y voir clair sur cette question affirment les auteurs.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

