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Legrand dote sa RSE d’un nouveau pilier / L’expérience clients devient centrale
Pour Legrand, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) n’a rien d’un effet de mode. "Nous avons créé notre première fonction dédiée en 2004, il y a 21 ans, et lancé notre première feuille de route en 2007", rappelle à WanSquare Benoît Coquart, le directeur général de l’entreprise. Mardi, le groupe a dévoilé sa sixième feuille de route pour la période 2025-2027, franchissant une nouvelle étape dans son engagement.
L’occasion, d’abord, de dresser le bilan de la précédente feuille de route 2022-2024, dans l’ensemble "plutôt réussie, puisque nous avons dépassé nos objectifs, avec un taux de réalisation de 113 % en 2024, et moyenne de 118% sur les trois ans de la feuille de route", souligne le directeur général. Avant de passer à la nouvelle feuille de route, qui fixe les engagements du groupe pour les trois années à venir, et s’inscrit dans la continuité de la précédente.
Car "l’objectif est de maintenir cette continuité, tout en nous assurant que nous avons bien intégré toutes les attentes et les enjeux RSE essentiels, tant pour notre activité que pour nos parties prenantes", explique de son côté Virginie Gatin, la directrice de la Responsabilité Sociétale et Environnementale du groupe. Lors de sa nomination à ce poste il y a trois ans et demi, elle avait également intégré le comité de direction, un signe fort de l’importance accordée à ces enjeux au plus haut niveau de la gouvernance du groupe.
La nouvelle feuille de route RSE s’articule autour de cinq piliers. Quatre d’entre eux étaient déjà présents dans la feuille de route précédente : la diversité, l’inclusion, la lutte contre le changement climatique, le développement d’une économie circulaire et l’engagement en tant qu’acteur responsable. "Nous avons ajouté un cinquième pilier : être au service de nos clients. L’idée est vraiment de replacer le client au cœur de tout ce que nous faisons, notamment en matière de RSE et d’engagement sociétal", souligne la directrice RSE.
Objectif : 35 % de femmes managers
En matière de diversité et d’inclusion, Legrand se fixe pour objectif d’atteindre 35 % de femmes dans les postes managériaux d’ici 2027. À la fin de 2024, 30,5 % des positions managériales étaient occupées par des femmes. Une progression déjà significative depuis 2018, année de la prise de fonctions de Benoît Coquart, où cette part se situait aux alentours de 20 %.
L’ambition est désormais de poursuivre cette dynamique et d’accroître progressivement la part des femmes dans les postes managériaux au cours des prochaines années. "Une plus grande diversité se traduit souvent par une meilleure performance, en enrichissant les points de vue et les approches. Cela nourrit la réflexion stratégique et, in fine, le développement de l’entreprise", souligne Virginie Gatin.
Pour mesurer et renforcer ces avancées, Legrand entend déployer le label GEEIS (Gender Equality European & International Standard), délivré par Bureau Veritas. Créé en 2010 par l’association Arborus, spécialisée dans l’égalité femmes-hommes en entreprise, ce label certifie l’engagement des organisations en matière d’égalité professionnelle et de diversité. Il évalue notamment les politiques d’égalité salariale, l’accès aux postes de responsabilité, la lutte contre les discriminations et les initiatives en faveur de l’inclusion.
Toujours dans le cadre de sa politique de diversité et d’inclusion, Legrand s’engage à créer 4 000 nouvelles opportunités chaque année pour des jeunes en début de carrière. "Cela concerne aussi bien les stages, l’apprentissage, les CDD que les CDI pour des personnes de moins de 30 ans", précise Virginie Gatin. L’initiative s’appuie sur les retours positifs des précédentes feuilles de route, les entités du groupe ayant constaté un impact positif sur la dynamique des équipes et l’identification de nouveaux talents.
Par ailleurs, Legrand entend étendre son engagement en matière de diversité et d’inclusion à ses fournisseurs. L’objectif : ouvrir 100 courants d’affaires d’ici 2027 avec des partenaires engagés sur ces enjeux.
Améliorer l’efficacité énergétique
Dans le cadre de son second pilier consacré à la lutte contre le changement climatique, Legrand vise une réduction de 10 % de ses émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre (Scopes 1 et 2) d’ici 2027, par rapport à 2024. "Ce travail repose avant tout sur l’amélioration de l’efficacité énergétique de nos sites", explique Virginie Gatin. "Chacun d’eux doit mettre en place un plan d’action spécifique, incluant l’installation de panneaux photovoltaïques et l’augmentation de la part d’électricité verte dans nos achats." À la fin de 2024, 83 % de l’électricité consommée par le groupe provenait déjà de sources renouvelables, l’objectif étant d’atteindre les 100 % énergie renouvelable à horizon 2030.
Le groupe ambitionne également une diminution moyenne de 30 % des émissions générées par les opérations de ses fournisseurs représentant 70 % des émissions liées aux biens achetés (Scope 3). "Nos équipes achats sont mobilisées à travers le monde pour accompagner nos fournisseurs dans l’évaluation de leur empreinte carbone, leur permettre de la mesurer, et les aider à mettre en place des plans d’action pour réduire leurs propres émissions (Scopes 1 et 2), afin que nous puissions, à notre tour, diminuer notre impact en Scope 3.", précise-t-elle.
Troisième pilier, l’économie circulaire. "Un levier fort de compétitivité pour Legrand", souligne la directrice RSE, en ce sens qu’il offre un terrain propice à la différenciation vis-à-vis des clients. "C’est un domaine beaucoup plus récent que le climat, et il nous permet de nous démarquer. Au cœur de cette démarche, il y a la façon dont nous concevons nos produits", poursuit-elle. Ainsi, à l’horizon 2027, Legrand se fixe l’objectif ambitieux que 50 % de ses nouveaux projets soient conformes aux critères de son indice d’éco-conception.
Une longueur d’avance dans l’éco-conception
L’éco-conception pour Legrand implique des critères stricts : "Aucun emballage ne doit contenir de plastique, nos produits doivent être conformes aux réglementations environnementales, souvent parmi les plus rigoureuses, comme celles de l’Union européenne." Un autre objectif clé est d’améliorer l’impact carbone des produits ou leur indice de réparabilité, en intégrant dès la conception un système permettant de réduire leur empreinte écologique, au bénéfice de l’environnement et des clients.
"Legrand a une longueur d’avance sur de nombreux industriels dans ce domaine", souligne Benoît Coquart. Pour aller plus loin, Legrand a même acquis une participation majoritaire dans Circul’R, une société de conseil leader en économie circulaire, travaillant avec 70 % des entreprises du SBF 120. "Circul’R aide à créer des coalitions sur l’économie circulaire dans des secteurs variés, comme le luxe ou le bâtiment, et cette expertise vient enrichir notre propre feuille de route. Nous considérons cela comme un atout concurrentiel de taille.", explique le directeur général de Legrand.
Concernant le quatrième et nouveau pilier, l’expérience client, "la priorité est de mesurer systématiquement la satisfaction de nos clients à travers toutes les entités du groupe", explique Virginie Gatin. L’objectif est de maintenir un taux de satisfaction client d’au moins 80 % sur le CSAT (Customer Satisfaction Score) et un score de 50 sur le NPS (Net Promoter Score), qui évalue la propension de nos clients à recommander notre entreprise.
Un autre axe essentiel pour Legrand est de servir ses clients en leur fournissant des informations claires sur la durabilité de ses produits. Cela se concrétise par les Product Sustainability Profiles (PEP), qui mesurent l’impact environnemental global de chaque produit tout au long de son cycle de vie.
"L’objectif est que 72 % de nos ventes soient couvertes par des profils environnementaux de produits d’ici 2027, afin que nos clients puissent faire des choix éclairés.", indique la directrice RSE.
Droits humains et éthique des affaires
Le dernier pilier de la stratégie consiste à "agir en acteur responsable". "Selon notre enquête de matérialité réalisée auprès de nos parties prenantes, les droits humains apparaissent comme un enjeu majeur. Nous avons intégré cet objectif dans notre plan d’action, avec une priorité absolue : garantir le respect des droits humains tout au long de notre chaîne de fournisseurs.", poursuit Virginie Gatin.
Legrand demande ainsi à tous ses fournisseurs stratégiques de signer un code de conduite fournisseur et de satisfaire à un score minimum sur les droits humains dans l’évaluation ECOVADIS. Un deuxième axe de cette feuille de route concerne la politique d’éthique des affaires. "Nous identifions les collaborateurs qui interagissent directement avec des fournisseurs et des clients, afin de nous assurer qu’ils connaissent notre politique d’éthique, qu’ils aient été formés à celle-ci et qu’ils la respectent".
Le troisième objectif porte sur la santé et la sécurité. "Un domaine essentiel pour nous. Nous avons fixé un objectif de réduction de 20 % du taux d’accidents avec et sans arrêt (taux TF2T), incluant tous nos collaborateurs, y compris les intérimaires, d’ici 2027." Par ailleurs, "nous mettons un fort accent sur le développement de l’employabilité et des compétences de nos collaborateurs. À l’horizon 2027, nous visons à former au moins 90 % de nos employés, avec un minimum de 10 heures de formation par personne."
Autant d’objectifs concrets et mesurables, "mais c’est précisément cela, le but d’une feuille de route", souligne Benoit Coquart. "Il ne s’agit pas de simples déclarations d’intention ou de grands principes abstraits. Nous nous fixons des objectifs clairs et nous suivons nos progrès chaque année." Pour garantir la réalisation de ces objectifs, une incitation forte est mise en place : la rémunération des managers et dirigeants en dépend. Ainsi, 20 % du bonus des directeurs pays est lié à la réussite de la feuille de route CSR dans leur pays. De plus, un tiers de leur plan d’intéressement à long terme — sous forme d’actions de performance — est également lié aux critères de responsabilité sociétale (CSR). "Cela garantit que chacun, du CEO aux managers, a un intérêt direct à ce que nous réussissions et atteignions des taux de réalisation élevés", ajoute le directeur général de Legrand, dont 17,5 % de sa rémunération totale — fixe et variable confondus — est également liée à ces critères CSR.
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