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AIE; 2035; exagérer

Macro-économie / Taux / IA / Intelligence artificielle / changement climatique

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IA / Intelligence artificielle / changement climatique

L’intelligence artificielle est loin d’être un problème pour le changement climatique / Elle n’en reste pas moins incapable d’en venir seule à bout

Pas d’utopie concernant le changement climatique et l’intelligence artificielle (IA), du côté de l’agence internationale de l’énergie (AIE). On ne s’inquiète pas pour autant mais on modère les accès d’enthousiasme ou de pessimisme. Les réductions d’émissions liées à l’IA sont certes réelles mais à l’horizon 2035 elles n’équivaudraient qu’à près de 5 % des émissions liées à l’énergie, alors que dans le même temps l’IA ne ferait pas exploser la demande d’électricité.
Inondations. Photo by LEANDRO LOZADA / AFP
Inondations. Photo by LEANDRO LOZADA / AFP

Ni triomphalisme, ni catastrophisme. L’agence internationale de l’énergie (AIE) considère dans son dernier rapport sur l’énergie et l’intelligence artificielle (IA) à la fois que "les préoccupations selon lesquelles l’IA pourrait accélérer le changement climatique semblent exagérées ", et ne croit pas que " l’IA seule s’attaquera au problème". 

Des fonds conséquents devront de plus être débloqués pour parvenir au résultat espéré en termes de lutte contre le changement climatique. Il ne faudra pas pour autant tous les allouer à la seule IA ; celle-ci étant certes considéré telle " un outil de réduction des émissions, mais elle n’est pas une solution miracle et n’enlève pas le besoin d’une politique proactive". Une principale priorité est néanmoins désignée comme étant d’assurer l’approvisionnement en électricité nécessaire au bon fonctionnement de l’IA.

 

Suffire

 

Les équipes de Fatih Birol, le directeur exécutif de l’institution, jugent en effet qu’il "n’y a pas d’IA sans énergie ; en même temps, l’IA a le potentiel de transformer le secteur de l’énergie". Ce qui explique à ses yeux que "les pays qui peuvent fournir l’énergie nécessaire à la vitesse et à l’échelle seront les mieux placés pour en bénéficier". Les arbitrages sont plus difficiles à faire pour certains pays que d’autres puisqu’un seul "centre de données typique axé sur l’IA consomme autant d’électricité que 100 000 foyers, mais les plus grands en construction aujourd’hui consommeront 20 fois plus".

 

Le poids des centres de données n’est pas majeur dans la consommation mondiale, ils "représentaient environ 1,5 % de la consommation mondiale d’électricité en 2024" et ce furent alors "les États-Unis [qui] représentaient la plus grande part de la consommation mondiale d’électricité des centres de données en 2024 (45 %), suivis de la Chine (25 %) et de l’Europe (15 %) ". Ce qui donne une idée des États bien placés dans la course à l’IA et aux bénéfices qui en découlent et ce n’est pas un hasard puisqu’il faut pouvoir y allouer des ressources considérables. Il apparaît qu’au niveau agrégé "la consommation d’électricité des centres de données a augmenté d’environ 12 % par an depuis 2017, plus de quatre fois plus rapidement que le taux de consommation totale" et ce qui cache d’importantes hétérogénéités géographiques.

 

Diverger

 

C’est effectivement ce qui ressort des données, selon lesquelles les "centres de données représentent environ un dixième de la croissance de la demande mondiale d’électricité jusqu’en 2030, moins que la part des moteurs industriels, de la climatisation dans les maisons et les bureaux ou des véhicules électriques". Les économies émergentes et en développement ne verraient ici les centres de données ne représenter qu’environ 5 % de l’augmentation de la demande d’électricité jusqu’en 2030. Alors que dans les économies avancées, ils représenteraient plus de 20 % de la croissance de la demande jusqu’en 2030, de quoi faire arguer à l’AIE qu’il y a un "signal d’alarme sur la nécessité de remettre le secteur de l’électricité sur une base de croissance".

 

Les craintes liées à une flambée de la demande d’électricité ne sont pas niées et il est considéré que les "réseaux électriques sont déjà sous pression dans de nombreux endroits". Ce qui fait conclure au rapport " qu’à moins que ces risques ne soient pris en compte, environ 20 % des projets de centres de données prévus pourraient être à risque de retards". De quoi résumer le paradoxe de l’IA, il est tantôt fait écho que son adoption généralisée dans le secteur des transports pourrait conduire "à des économies d’énergie équivalentes à l’énergie utilisée par 120 millions de voitures" et de l’autre côté il est considéré qu’elle augmente certains risques de sécurité énergétique. C’est un phénomène qui ne risque pas de disparaître puisqu’au fur et à mesure "que les capacités d’IA augmentent, elles ont aussi la capacité à être utilisées et mal utilisées par divers acteurs". L’investissement doit être effectué mais à bon escient.

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