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Macro-économie / Taux / hydrogène / France / stratégie

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La France met à jour ses ambitions pour l’hydrogène / Elle entend toujours conjuguer décarbonation et souveraineté

Cinq ans après la première stratégie nationale visant à développer l’hydrogène décarboné, une mise à jour était plus que nécessaire. Le gouvernement vient en effet de dévoiler une version actualisée et annonce des objectifs d’installation d’électrolyse. Il vise 4,5 GW pour 2030 et 8 GW en 2035, soit une révision à la baisse par rapport aux 6,5 GW et 10 GW évoqués précédemment et ce notamment afin de tenir compte de la montée en puissance des technologies. L’État compte pendant ce laps de temps soutenir un large spectre allant de la R & D fondamentale jusqu’à l’industrialisation.
Hydrogène. Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Hydrogène. Photo by Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Elle se sera fait attendre mais elle a fini par arriver. Attendue de longue date par les acteurs de la filière, la stratégie nationale hydrogène vient d’être dévoilée par le gouvernement et donne une visibilité bienvenue à un secteur en plein essor. On y apprend notamment qu’un mécanisme de soutien à la production d’hydrogène bas-carbone de l’ordre de 4 milliards d’euros est mobilisé et ce afin de sécuriser sur 15 ans la compétitivité de l’hydrogène bas-carbone par rapport à l’hydrogène fossile.

La publication de cette feuille de route était considérée récemment par Philippe Boucly, le président de France Hydrogène, comme étant " indispensable pour redonner un cap clair, ambitieux et pérenne sécurisant pour les industriels et les investisseurs". Du côté du gouvernement on tente de donner des gages à l’ensemble de la filière hexagonale, en se prononçant en faveur d’une "maîtrise de l’ensemble des équipements de l’hydrogène et de ses technologies sur toute la chaîne de valeur ", et ce tout " en continuant à assurer l’industrialisation des projets précédemment soutenus et en renforçant l’intégration de l’écosystème autour des industriels français".

 

Course contre la montre

 

Pour autant la question financière n’est pas la seule qui compte, confie-t-on du côté du cabinet du ministre de l’industrie et de l’énergie. Il nous est rappelé qu’un "soutien à la demande ne veut pas uniquement dire soutien budgétaire, le cadre réglementaire est une forme de soutien à la demande parfois". L’exemple de la réglementation européenne sur le carburant durable étant évoqué.

L’accent est également mis sur le temps long dans cette nouvelle stratégie, tout en rappelant qu’au cours des cinq dernières années il y a eu des "choses qu’on a pas forcement pu anticiper, comme la hausse des prix de l’électricité et leur impact sur prix hydrogène". De quoi augurer de possibles ajustements dans les années à venir et ce alors que d’autres défis pointent le bout de leur nez tel que "la concurrence internationale et les avancées rapides d’autres modes de décarbonation".

 

Priorités

 

Au-delà des objectifs déjà évoqués précédemment, d’autres sont mentionnés et il s’agit notamment du "déploiement en France d’infrastructures de transport de l’hydrogène bas-carbone au sein des hubs hydrogène". Une question désormais considérée comme étant "prioritaire", puisque permettant de connecter les producteurs et consommateurs, que ce soit pour les hubs de Fos-sur-Mer, du Havre-Estuaire de la Seine ou encore la Vallée de la chimie.

La question de la garantie des conditions-cadres nécessaires au développement de la filière hydrogène française a également été abordée et ce de façon exhaustive ; il y est à la fois question "d’accès aux compétences, d’accès au foncier, de délais des procédures, de développement d’un cadre réglementaire complet, lisible et stable, ou encore de raccordement électrique". La loi d’accélération pour les énergies renouvelables (APER) devant permettre d’accélérer cette question des raccordements électriques mais aussi de raccourcir les délais de construction ou de reconversion des infrastructures de transport de l’hydrogène.

De nombreux sujets sur lesquels il faut accélérer au niveau national pour éviter de ne pas mettre à profit l’important socle de production d’électricité nucléaire et renouvelable dont nous disposons. Ce dernier étant à même de permettre "de produire de l’hydrogène décarboné par électrolyse à partir de l’électricité du réseau".

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