Macro-économie / Taux / hydrogène / Ormuz / détroit
Macro-économie / Taux
hydrogène / Ormuz / détroit
Un conflit au Moyen-Orient qui aura mis en lumière les limites de l’hydrogène / Toute la chaîne de valeur n’est pas encore mature
Un substitut qui a encore beaucoup à faire. Érigé comme une des solutions possibles pour diversifier les mix énergétiques, il s’avère que l’hydrogène a été bouleversé par les affrontements au Moyen-Orient à l’instar des autres flux transitant par le détroit d’Ormuz et n’est pas pour l’heure capable de prendre le relais en cas de perturbation des flux sur l’or noir ou le gaz. Il faut dire qu’en regardant de plus près la situation, on constate que la région représente environ un sixième de la production mondiale d’hydrogène.
Un poids non négligeable alors même que la demande d’hydrogène dans le monde vient de dépasser les 100 millions de tonnes l’an passé. Un total dans lequel la production d’hydrogène à faibles émissions représente une goutte d’eau - près d’un million de tonnes -, bien qu’elle ait progressé de 20 % en 2025. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) déplore dans son dernier rapport sur cette source d’énergie, de constater que de trop nombreux obstacles persistent et empêchent de verdir davantage l’hydrogène.
Cap
Une liste non exhaustive comprend à la fois l’incertitude sur la demande future, la complexité des différentes réglementations ou encore des infrastructures insuffisantes. De quoi rendre peu probable la bonne tenue des objectifs à horizon 2030 des différents gouvernements. Pourtant, la pertinence des investissements dans l’hydrogène ressort renforcée de la crise énergétique, tant la ressource et ses dérivés pourraient permettre d’améliorer la sécurité énergétique à long terme. Dans le même temps, l’hydrogène à faibles émissions est une solution intéressante pour verdir l’économie.
Un message martelé par Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, lequel affirme que « la crise actuelle a mis en évidence à quel point les économies du monde entier dépendent profondément du commerce de produits à base d’hydrogène - des engrais aux carburants et aux matières premières industrielles - et au rôle important du Moyen-Orient dans ces chaînes d’approvisionnement ». Cette énergie manque pour l’heure de soutien politique et financier pour arriver à passer un cap et la dynamique inquiète. Il faut dire que l’année 2025 marque un investissement moins vigoureux que par le passé, l’AIE regrettant des « retards dans les décisions d’investissement finales et un pipeline de projets rétrécissant, mettant en évidence les défis auxquels le secteur est confronté ».
Mal en patience
Il n’est pas fait de mystère que c’est en partie parce que « l’hydrogène à faibles émissions et les produits à base d’hydrogène restent nettement plus chers que les alternatives conventionnelles sur la plupart des marchés ». Tous les acteurs ne sont pas prêts à supporter le coût supplémentaire engendré par un tel choix, ce qui entraîne une diminution des projets en cours comme expliqué auparavant. Le pipeline a donc diminué d’un quart en un an. De leur côté, les projets qui ont atteint une décision d’investissement finale ou qui ont une forte probabilité de devenir opérationnels d’ici 2030, ont diminué à 6 millions de tonnes contre près de 10 millions de tonnes un an plus tôt.
Les réglementations et l’élan politique semblent porteurs en Europe et chez le leader chinois. Malheureusement, cela ne permet pas de remédier à l’insuffisance de la demande. Les accords d’achats n’ont pas décollé en 2025 et uniquement « 20 % des volumes nouvellement signés étaient assortis d’engagements contractuels fermes ». Un repoussoir pour nombre d’investisseurs.
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