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Les métaux n’échappent pas à l’embrasement du Moyen-Orient / Tous les flux ne peuvent pas être substitués facilement
L’arbre qui cache la forêt. Les énergies fossiles sont au cœur des craintes de ces derniers jours et pourtant elles sont loin d’être l’unique marchandise transitant par le détroit d’Ormuz. Celui-ci voit également des navires chargés de métaux y passer régulièrement. Pour autant, les experts de ces marchés soulignent le rôle loin d’être central de ces cargaisons exportées depuis les pays du Golfe.
C’est notamment le cas des équipes de Macquarie, lesquelles considèrent que c’est avant tout la temporalité du conflit qui va en déterminer les conséquences pour les cours. C’est tout particulièrement le cas pour l’aluminium, lequel a vu les « craintes de disruption brièvement le pousser au-delà de 3 250 dollars la tonne lundi » et où « une interruption de plus d’un mois via le détroit d’Ormuz pourrait entraîner des pénuries locales de matières premières et des retards d’exportation ». La région joue un rôle plus marginal pour d’autres métaux, parmi lequel le cuivre où « l’Iran ne représente qu’environ 1,8 % de l’offre mondiale de concentré et 1,4 % du cuivre raffiné ». Comme c’est souvent le cas, le partenaire commercial majeur de Téhéran se trouve être Pékin.
Domino
Pour autant, l’impact direct a beau être limité pour certaines de ces matières premières de par l’interruption des flux de celles-ci, les impacts de la hausse du cours des hydrocarbures peuvent faire évoluer les prix. C’est notamment le cas pour le charbon où chez Macquarie on demeure attentif aux effets indirects « via l’évolution plus large des marchés de l’énergie ». Même raisonnement en ce qui concerne le zinc où bien que l’exposition iranienne soit qualifiée de marginale à l’échelle mondiale, la vigilance demeure en ce qui concerne « les coûts de production, notamment en Europe, en cas de hausse des prix du gaz ».
À l’inverse en ce qui concerne l’acier, bien que l’Iran s’avère être le premier exportateur régional avec quelque 13 millions de tonnes l’an passé, il semble que « les volumes pourraient être relativement facilement remplacés » que ce soit par des acteurs basés en Chine, en Inde ou encore en Amérique du Sud. Le son de cloche est à peu près le même concernant le minerai de fer dont les exportations iraniennes – quelque 29 millions de tonnes en 2025 - n’ont pas été significativement affectées à ce stade.
Pour autant, le moindre mouvement sur ces marchés particulièrement financiarisés est loin d’être anodin. Un certain nombre des métaux précédemment cités jouant un rôle essentiel dans nombre de dynamiques actuelles, qu’il s’agisse de la transition énergétique ou encore de l’innovation technologique. Muriel Aboud Schirmann, Head of Advisory Solutions chez Indosuez Wealth Management, souligne que leur approvisionnement mondial présente déjà « des défis majeurs, notamment une forte dépendance à la Chine et des risques de pénurie ». De quoi lui faire arguer que « l’incertitude géopolitique est désormais une donnée structurelle ». Tous les acteurs ne restent pas pour autant les bras croisés et notamment du côté de l’Asie où des réformes en cours pourraient porter leurs fruits.
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