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Macro-économie / Taux / BCE / Moyen-Orient

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BCE / Moyen-Orient

La BCE scrute la stabilité financière comme le lait sur le feu / Les conséquences du conflit au Moyen-Orient sont redoutées

Une situation géopolitique qui n’épargne personne et certainement pas les marchés financiers. La dernière revue de la stabilité financière menée par la Banque centrale européenne (BCE) alerte sur les tensions que les affrontements pourraient amplifier et sur les conséquences pour les différentes banques de la zone euro.
ECB. Photo par KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP
ECB. Photo par KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

Une mise à l’épreuve qui n’est pas des moindres. Luis de Guindos, vice-président de la BCE, y est allé de son commentaire à l’occasion de la sortie de la revue de la stabilité financière de la Banque centrale européenne (BCE). Il a analysé le choc énergétique comme pouvant tant accroître la volatilité des marchés, que mettre à l’épreuve les capacités de service de la dette, ou bien encore faire grimper les coûts de financement. Des écueils qui apparaissent alors même que la situation fait peser des « risques de hausse sur l’inflation et des risques de ralentissement de la croissance économique ».

Il faut dire que l’économie réelle et le système financier ne doivent pas seulement composer avec tensions géoéconomiques et les perturbations de l’approvisionnement énergétique associées. Il faut également faire avec l’émergence des risques liés à la cybersécurité et autres menaces hybrides pesant sur les infrastructures critiques. Luis de Guindos expliquant cette semaine que les banques de la zone euro allaient devoir investir largement, pour pouvoir faire face aux modèles d’intelligence artificielle à même de détecter les failles des logiciels. Avec le Mythos d’Anthropic en première ligne de ces menaces potentielles, le banquier central expose qu’il faut « sensibiliser les institutions financières, les banques, à la nécessité d’investissements supplémentaires en cybersécurité, car cela va devenir un enjeu structurel important dans un avenir proche ».

 

Calme avant la tempête

 

L’analyse produite par Francfort est également celle d’une grande agilité des marchés financiers face aux chocs à répétition. De quoi expliquer que les « ajustements initiaux se soient révélés de courte durée, laissant les valorisations boursières toujours élevées par rapport aux normes historiques ». Ce qui est notable, est que dans le même temps, « les primes de risque sur les obligations d’entreprises sont restées faibles à l’échelle mondiale, de sorte que les cours sont vulnérables au niveau inhabituellement élevé d’incertitude géopolitique et politique ». Une conjonction d’évènement faisant apparaître un risque réel de détérioration du sentiment sur les marchés financiers. Les équipes de la BCE indiquent que les risques baissiers liés aux évolutions géopolitiques, budgétaires et macrofinancières « semblent sous-estimés ».

Le scénario d’une expansion budgétaire dans cet environnement géoéconomique difficile est également exploré. La revue de stabilité financière explique qu’une telle situation pourrait peser davantage que de coutume sur les finances publiques de certains pays de la zone euro, ceux qui sont fortement endettés et par conséquent entraîner une réévaluation du risque souverain. Une zone euro dont les banques pourraient avoir à se soucier du financement non bancaire, un canal que la BCE redoute tant il pourrait leur transmettre des risques de liquidité et de financement en cas de forte volatilité des marchés. Malgré leurs fortes rentabilités et leurs réserves de capital et de liquidités, il est redouté non pas les conséquences de leur exposition directe au Moyen-Orient – celle-ci est somme toute limitée – mais plutôt la détérioration de la qualité des actifs bancaires.

 

Cœur du cyclone

 

Le nerf de la guerre sera bien entendu la durée de celle-ci, un choc prolongé étant le pire des scénarios imaginables. Les équipes de la BCE expliquent que les dégâts seront avant tout conséquents pour les « entreprises de la zone euro opérant dans des secteurs sensibles simultanément aux échanges commerciaux, à l’énergie et aux taux d’intérêt, avec des effets potentiels sur les ménages, via une dégradation du marché du travail ou une hausse du coût de la vie ». La porte est ouverte concernant le secteur de l’intermédiation financière non bancaire, pour lequel une réponse politique globale est souhaitée tant les vulnérabilités en matière de liquidité et d’effet de levier sont toujours présentes.

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