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Eiffage cultive son profil européen / Un changement d’échelle en Allemagne de bon augure
L’implantation européenne d’Eiffage porte ses fruits. Et devrait être encore plus judicieuse à l’avenir, a expliqué son président-directeur général Benoît de Ruffray, à l’occasion de l’assemblée générale du spécialiste du BTP et des concessions, qui se tenait mercredi à la salle Pleyel. Il faut dire que la lecture des résultats annuels du groupe avait déjà donné de la matière à ce constat, tout particulièrement sur le plan de la croissance. Car le groupe a traversé l’exercice passé sans encombre, notamment grâce à son activité phare de travaux. Il en a tiré 19,5 milliards d’euros de revenus (sur les 23,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires générés au total, le reste étant à attribuer aux concessions), dont 40 % ont été réalisés en dehors de la France. Le vaisseau amiral d’Eiffage a vu son activité s’apprécier de 7,3 % sur un an et la progression a été notable en dehors des frontières de l’Hexagone, sur le territoire européen, ce à hauteur de près de 17 %.
Le résultat, au total, d’une combinaison de croissance interne et externe. En récapitulant l’ensemble des acquisitions réalisées ces dernières années dans ses métiers de travaux, Benoît de Ruffray a indiqué : "L’année 2024 restera marquée par le renforcement de notre présence aux Pays-Bas, mais surtout notre changement complet d’échelle en Allemagne, dans la branche Énergie Systèmes". Celle-ci correspond, pour mémoire, à l’ensemble des activités du groupe en matière de conception, de réalisation, d’exploitation et de maintien des systèmes et équipements en génies électrique, industriel, climatique et énergétique.
Deux opérations phares
De fait, le groupe opère ses acquisitions à un rythme soutenu sur ce terrain. Parmi les grandes opérations phares, réalisées ou finalisées en 2024 ? Le rachat de Salvia et Eqos, deux entreprises allemandes. "Leurs acquisitions, combinées aux structures historiques, nous permettent désormais d’aborder l’ensemble des marchés des services à l’énergie sur le territoire allemand", a poursuivi Benoît de Ruffray. Eiffage Énergies Systèmes compte désormais plus de 4 800 collaborateurs outre-Rhin, pour un total de 717 millions d’euros de chiffre d’affaires. La présence du groupe en Allemagne est complétée par les implantations d’Eiffage Infra Bau, actives dans les métiers de la route, du génie civil, du rail et plus marginalement du bâtiment (4 000 collaborateurs, 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires), mais aussi par les entités de SEH, correspondant aux activités métalliques de l’entreprise (290 collaborateurs et 166 millions d’euros de chiffre d’affaires).
"L’Allemagne est ainsi le plus grand pays d’activité d’Eiffage après la France, avec plus de 9 000 collaborateurs et un chiffre d’affaires qui dépassera 2,4 milliards d’euros en 2025. Début 2025, notre branche Énergie Systèmes, au travers de Salvia, a acquis IFT, présent dans les secteurs du tertiaire et de l’industrie. Elle réalise plus de 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et vient encore renforcer notre maillage territorial en Allemagne", a souligné Benoît de Ruffray. "À l’heure d’une volonté affichée par le futur gouvernement allemand d’investir massivement dans ses infrastructures pour la décennie à venir, la stratégie européenne affirmée du groupe, et en particulier notre développement en Allemagne, a démontré toute sa pertinence", a poursuivi le président-directeur général du groupe.
Une cible connue
Eiffage ne compte donc pas ralentir la cadence et reste prêt à saisir les opportunités qui lui permettront de soigner son profil européen, d’autant plus sur des segments d’activité porteurs. À la toute fin du mois de mars, le groupe annonçait par exemple avoir conclu, au travers de la filiale belge d’Eiffage Métal, un accord pour acquérir HSM Offshore Energy, une entreprise située dans la région de Rotterdam, réalisant près de 300 millions d’euros de revenus par année. Une manière de renforcer son expertise sur le marché de l’éolien offshore. "Les deux entreprises étaient déjà partenaires sur un certain nombre de projets et sont complémentaires sur la chaîne de valeur", a expliqué Benoît de Ruffray. L’opération reste pour l’heure soumise aux approbations des autorités de la concurrence.
En tout, le groupe a dépensé quelque 900 millions d’euros en 2024 pour soutenir ses ambitions de croissance externe européenne. "La croissance organique a aussi été au rendez-vous en 2024", a rappelé Benoît de Ruffray. Eiffage a en effet été mobilisé sur un certain nombre de projets de travaux qui illustrent ce dynamisme, a soutenu le dirigeant : le projet immobilier de Postepu à Varsovie, le génie civil des deux premiers réacteurs de type EPR2 à Penly, l’entrée en phase de travaux de la ligne 15 Est du Grand Paris Express (un contrat à 2,54 milliards d’euros), la connexion de 157 centrales solaires au réseau, la contribution à la restauration de Notre-Dame de Paris… et sans oublier l’Allemagne, évidemment : "Nous y disposons d’une grande expertise en rail, nous réalisons les travaux de rénovation du réseau ferroviaire, au niveau de la Potsdamer Platz, en plein centre de Berlin", a indiqué Benoît de Ruffray.
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